Au Honduras, les défis auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes se mesurent généralement en nombre d’abandons scolaires, de migration et de violence. Des défis qui sont aujourd'hui transférés au vieux continent et permettent le développement de la XIIIe Réunion ministérielle ibéro-américaine sur l'enfance et l'adolescence, où 22 pays débattent de politiques et d'engagements. Le Honduras est présent dans le but de discuter de solutions qui font la différence dans la protection des droits
Ada Mejía, ministre du Secrétariat à l'enfance, à l'adolescence et à la famille, cherche à mettre le problème hondurien à l'ordre du jour en renforçant ses politiques internes avec des engagements régionaux. Parmi les principaux sujets de discussion figurent l'inclusion de la participation des jeunes dans les politiques publiques et la promotion d'initiatives qui favorisent la mobilité, l'échange et l'intégration entre les pays ibéro-américains.
Les délibérations se déroulent face à des défis complexes. Des rapports d'organisations internationales et de la société civile avertissent que les enfants honduriens sont confrontés à des niveaux élevés de violence, de pauvreté et de déplacements forcés. Des facteurs tels que la migration irrégulière, la désintégration des familles et le manque d’accès aux services de base affectent directement ce secteur.
Simultanément, et qui nous ramène à la région, se déroule la réunion qui a lieu au Mexique où le directeur exécutif du réseau COIPRODEN, Wilmer Vásquez, participe à un dialogue multipartite avec une délégation des Affaires consulaires et d'immigration du Honduras, ainsi que d'autres représentants du Mexique, du Guatemala et du Salvador. L’objectif est également de consolider la coordination entre les systèmes de protection de l’enfance, notamment dans les contextes de mobilité humaine.
Un axe central de la réunion a été la proposition d'un mécanisme de protection transnational pour offrir une réponse commune à la situation des enfants et adolescents migrants. L'initiative, promue par REDIM, Redia, Ciprodeni et COIPRODEN en coordination avec les États, vise à lutter plus efficacement contre la migration des enfants non accompagnés et les risques de violation des droits sur les routes migratoires.

L’espace ibéro-américain en Espagne et l’espace régional au Mexique reflètent l’urgence d’articuler des politiques mondiales et locales. Alors que des lignes directrices générales pour la jeunesse sont débattues en Europe, des problèmes immédiats tels que la violence, la migration et la protection globale des enfants se posent en Amérique centrale.
Ces réunions servent également de prélude au Sommet ibéro-américain des chefs d'État et de gouvernement, où l'on espère que les engagements pris se traduiront par des actions vérifiables. Pour le Honduras, le défi est de garantir que ces accords internationaux se traduisent par des résultats tangibles pour la population la plus jeune.
La dimension du défi est illustrée par les données les plus récentes : selon le suivi du réseau COIPRODEN, le Honduras a clôturé l'année 2024 avec 619 morts violentes de filles, garçons, adolescents et jeunes (NNAJ). En 2025, le même réseau a fait état de 519 morts violentes, dont 102 correspondent à des filles et garçons entre 0 et 17 ans.

L'approche coordonnée des organisations de la région, telles que REDIM, Redia, Ciprodeni et COIPRODEN, s'engage à passer du diagnostic à l'action à travers une coordination transnationale, des itinéraires de soins et une exigence de responsabilités de la part des États.
Les organisations de protection de l'enfance avertissent que la persistance de ces schémas de violence affecte non seulement le développement immédiat des enfants, mais a également des effets à long terme sur l'éducation, la santé mentale et les opportunités d'insertion sociale.
Dans ce contexte, experts et organisations soulignent que les accords internationaux doivent se traduire par des politiques publiques soutenues, dotées d'un budget, de mécanismes de contrôle et d'une coordination efficace entre les institutions, pour éviter que les chiffres de la violence ne continuent de se reproduire année après année.