Le Front institutionnel militaire (FIM), qui regroupe plus de 240 officiers à la retraite, a publié un manifeste dans lequel il accuse l'État de dissimuler de graves violations des droits de l'homme et appelle à une « réaction de la conscience nationale » face à la détérioration politique, sociale et économique du pays. « Il est impératif de réagir à la cruauté absolue qui saigne aujourd’hui notre nation. »
Dans le document, l'organisation fait référence, bien que sans la mentionner expressément, à Carmen Teresa Navas, la mère qui recherchait son fils Víctor Hugo Quero et est décédée quelques jours après avoir appris où il était enterré : « Le drame d'une mère désespérée a révélé la perversité du système : après des mois de recherche incessante de son fils, kidnappé par les éléments de la sécurité de l'État, toutes les instances officielles lui ont systématiquement nié la vérité.
De l'avis des officiers retraités des Forces armées, ce silence officiel cherchait à cacher le meurtre du jeune homme, révélation qui aurait également précipité la mort de la femme quelques jours plus tard, au milieu de la douleur et des privations.

La FIM soutient que cet épisode n'est pas isolé, mais fait partie d'un schéma de « déni systématique de liberté » qui s'exprime par des enlèvements, des tortures, des meurtres, des prisonniers politiques et l'exil.
Dans le même temps, il relie « l’oppression politique » à l’urgence humanitaire : faim, défaillances des services de base comme l’eau, l’électricité, le gaz et le carburant, salaires et retraites insuffisants, pénurie de médicaments et précarité en matière de santé et d’éducation.
« Nous vivons sous le joug de salaires et de retraites misérables, sans médicaments ni services médicaux, dans un environnement d'insécurité physique et juridique totale et condamnés à un système éducatif épouvantable », affirme le communiqué.
Face à ce scénario, les signataires concluent que la sortie implique la fin de « l’usurpation » du pouvoir et l’installation de conditions permettant de retrouver la confiance, de réactiver les investissements et d’orienter la reconstruction institutionnelle, économique et sociale du pays.

La déclaration du Front Institutionnel Militaire a été publiée dans le cadre du vingt-sixième anniversaire de l'organisation présidée par le GB (Ex) Juan Antonio Herrera Betancourt, dont le conseil comprend le GB (Ex) Teodoro Díaz Zavala comme vice-président et le secrétaire d'organisation du GB de la Garde Nationale Rafael Vera Ruiz.
Les représentants des composantes sont les généraux (Ex) Juan Ferrer Barazarte, (AV) Eduardo Arturo Caldera Gómez et (GN) Simón Figuera Pérez, ainsi que le contre-amiral Elías Buchszer Cabriles.
Les officiers font référence, dans le document, à l'effondrement moral et matériel, avertissant que la seule voie vers la prospérité et le bonheur implique nécessairement la liberté de tous les prisonniers politiques et la cessation de l'usurpation du pouvoir au Venezuela.
La FIM réclame la nomination d’un nouveau Conseil National Électoral (CNE) par un « véritable gouvernement de transition, libre de la présence d’usurpateurs ».

Ils affirment la nécessaire « élaboration immédiate d’un calendrier électoral rigoureux » par de nouvelles autorités investies de légalité et de légitimité.
Comme alternative, ils proposent la tenue d’élections libres, claires et transparentes, « avec dépouillement public » des bulletins de vote ou dépouillement des bulletins de vote dans tous les bureaux de vote et en présence des électeurs.
Enfin, ils soutiennent que la justice pour les victimes et l'avenir de la République « exigent notre action et celle de tous les Vénézuéliens », jusqu'à ce que soit obtenue la restitution de la souveraineté populaire, exprimée le 28 juillet 2024, et la liberté des prisonniers politiques.