Le Honduras a connu une augmentation soutenue des conflits sociaux au cours des quatre premiers mois de 2026, période au cours de laquelle 148 actions collectives ont été enregistrées dans les 18 départements du pays, selon la dernière infographie sur les conflits sociaux présentée par l'Institut universitaire pour la démocratie, la paix et la sécurité (IUDPAS) de l'Université nationale autonome du Honduras (UNAH).
L'étude révèle un panorama marqué par le mécontentement des citoyens, l'accumulation de revendications non satisfaites et une capacité de réponse limitée de la part des institutions étatiques, facteurs qui continuent d'alimenter la protestation sociale dans différents secteurs de la population.
Selon le rapport, entre janvier et avril, il y a eu en moyenne une manifestation par jour, même si l'intensité a parfois été plus grande, allant jusqu'à sept actions collectives en une seule journée.
Mars a été identifié comme le mois le plus conflictuel de la période analysée, avec un total de 58 incidents enregistrés. Les données montrent que le conflit se concentre principalement dans les zones urbaines et les zones où l'activité économique et politique est la plus importante du pays.
Francisco Morazán arrive en tête avec 73 actions collectives, soit près de la moitié des cas documentés, suivi de Cortés avec 27 événements.

Ensemble, les deux départements accumulent plus des deux tiers de tous les conflits sociaux enregistrés au Honduras au cours des quatre premiers mois de l'année.
Colón a signalé neuf actions collectives et Comayagua sept, ce qui montre que les revendications sociales s'étendent à différentes régions du territoire national.
Le rapport IUDPAS identifie également les travailleurs comme le secteur le plus actif dans la mobilisation sociale. Ce groupe a été impliqué dans 54 des 148 conflits enregistrés, représentant 36,5% du total.
Les plaintes en matière de travail continuent d'être l'une des principales sources de tensions entre les citoyens et les institutions publiques ou privées, notamment sur les questions liées à la stabilité de l'emploi, aux salaires, au respect des droits et aux conditions de travail.
Les partis politiques apparaissent en deuxième position avec 23 actions collectives, tandis que les groupes appartenant à la population indigène et afro-hondurienne (PIAH) ont participé à 13 conflits, principalement liés à la défense des territoires, des ressources naturelles et des droits collectifs.
Parmi les principales revendications exprimées par les différents secteurs, se démarque la défense du travail et des conditions de travail, avec 59 plaintes recensées.
Ce problème est suivi par les demandes liées à l'amélioration de la qualité des services publics, des coûts et des infrastructures, qui ont totalisé 17 cas.
De même, la défense de l'environnement, de la terre et du territoire a occupé une place importante parmi les causes de mobilisation, avec 14 revendications enregistrées.
L'étude indique que les blocages de routes et d'installations continuent d'être le principal mécanisme de pression utilisé par les citoyens pour faire connaître leurs revendications. Durant la période analysée, 60 actions de ce type ont été enregistrées.
Les rassemblements, concentrations et sit-in occupent la deuxième place avec 50 inscriptions, tandis que les marches représentent une proportion considérablement plus faible, avec seulement 13 incidents.
En réponse à ces manifestations, l'État a enregistré la présence de forces policières ou militaires à 33 reprises. Parmi ces cas, dans neuf cas, le recours à la force aurait permis de contenir ou de disperser des actions de protestation.

Sur les 148 recours collectifs documentés, 128 n’ont obtenu aucune réponse officielle de la part des autorités, soit 86,5 % du total. Cette situation a été classée par l’IUDPAS comme une condition d’« omission de l’État ».
En revanche, seuls six conflits ont été résolus par des processus de négociation ayant abouti à des accords concrets, tandis que six autres ont reçu une réponse formelle par le biais de pétitions ou d'engagements institutionnels.
Le rapport identifie également les institutions les plus ciblées par les manifestants. Le Gouvernement en général a été le principal destinataire des revendications, accumulant 44 cas, suivi par les différentes Secrétaireries d'État avec 43 actions collectives dirigées à leur encontre.
Concernant les secteurs les plus touchés par les conflits, l'éducation arrive en tête avec 21 cas, suivi du lieu de travail avec 18, de la santé avec 14 et du secteur de l'énergie également avec 14 conflits enregistrés.