Foro Penal estime qu'il y a 389 prisonniers politiques au Venezuela et que 11 000 ont été libérés avec des mesures restrictives de liberté.

L'ONG vénézuélienne Penal Forum, référence dans la défense juridique des prisonniers politiques, a rapporté vendredi que le nombre de prisonniers politiques au Venezuela s'élève à 389, dont 39 ont une autre nationalité ou une double nationalité, selon son dernier décompte, mis à jour mardi dernier.

L'organisation a précisé que 357 des détenus sont des hommes et 32 ​​femmes. En outre, 225 sont des civils et 164 sont des militaires. Le Forum Pénal a indiqué que 388 d'entre eux sont des adultes et qu'il y a encore un mineur derrière les barreaux.

L'ONG a souligné que depuis 2014, elle a enregistré 19.133 « arrestations politiques » et estime que plus de 11.000 personnes sont arbitrairement soumises à des mesures restrictives de liberté, comme l'interdiction de quitter le pays ou l'obligation de comparaître périodiquement devant un tribunal.

Les proches des prisonniers politiques restent devant l'ambassade des États-Unis à Caracas et à proximité des centres de détention dans tout le pays pour exiger la libération des personnes détenues. Des proches et des amis, installés près du siège diplomatique depuis dimanche dernier, dénoncent qu'il y a encore des centaines de prisonniers politiques au Venezuela, cinq mois après l'annonce par la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, de la libération d'un « nombre important » de personnes.

En mai, le président américain Donald Trump a assuré que son gouvernement s'efforcerait de libérer toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Venezuela. De son côté, le gouvernement chaviste a cessé de nier l’existence des prisonniers politiques et a annoncé, sans action concrète, des libérations massives.

Veillée nocturne : une femme est assise devant des portraits d'hommes, entourée de bougies allumées et d'un drapeau vénézuélien plié sur des marches en béton

A son tour, l'ONG a détaillé vendredi l'identité des six derniers prisonniers politiques libérés confirmée par ses membres.

Comme détaillé dans x le vice-président directeur de l'organisation, Gonzalo Himiob, à 18h18. (heure locale) Aranza Hernández, 19 ans, arrêtée en novembre 2023, a été libérée. Hernández est la sœur d'un officier militaire dissident qui reste à l'étranger après avoir été accusé de rébellion présumée, selon les médias locaux.

Elle est également la sœur de Samantha Hernández, une adolescente de 16 ans qui a reçu une amende de libération le 18 mai, après avoir été arrêtée en novembre par des agents de la Direction générale du contre-espionnage militaire (DGCIM) à son domicile, peu après son retour de l'école, selon l'ONG Cecodap.

Foro Penal a confirmé la libération d'Aranza Hernández Castillo (19 ans), détenue arbitrairement depuis le 21 novembre 2025 (@ForoPenal)

Le Forum Pénal a également signalé la libération de Génesis Rodríguez Araña et Daniela Araña, proches du premier lieutenant José Rodríguez Araña, exilé aux États-Unis après avoir été accusé par le régime de Nicolás Maduro d'avoir participé à « l'Opération Aurora », une attaque contre un bataillon dans l'État de Bolívar au cours de laquelle, selon l'accusation, 112 fusils et munitions ont été volés.

Himiob a également rapporté qu'à 19h55, (heure locale) Keenami Guevara Vásquez, ancien fonctionnaire du Service administratif d'identification, migration et immigration (Saime), a été libéré, accusé par l'exécutif d'avoir falsifié les cartes d'identité de présumés « terroristes ».

Enfin, l'ONG a fait état de la libération des soldats Diosmer Rumbos et Jhon Jaimes, arrêtés lors de deux opérations différentes en 2019 et condamnés à 30 ans de prison.

Le président du Foro Penal, Alfredo Romero, a précisé aux premières heures de ce vendredi que depuis le 8 janvier 2026, cinq jours après la capture de Nicolas Maduro et au moment où le gouvernement chaviste a annoncé la libération des détenus, 894 prisonniers politiques au Venezuela ont été libérés.