Venezuela : les organisations de défense des droits humains exigent de la transparence de la part de l'Assemblée nationale dans le renouvellement de la Cour suprême

Au total, 15 organisations vénézuéliennes et internationales de défense des droits de l'homme ont demandé ce vendredi à l'Assemblée nationale du Venezuela qui garantit l'indépendance judiciaire, la transparence et l'impartialité dans la sélection des nouveaux juges de la Cour suprême de justice (TSJ).

Cet appel a été lancé par le biais d'une déclaration conjointe signée, entre autres, par le Centre Robert et Ethel Kennedy pour les droits de l'homme, le Bureau des affaires latino-américaines de Washington (WOLA) et l'alliance mondiale Civicus. Les groupes ont averti que la désignation « ne peut pas répondre à une dynamique de loyauté politique, mais à une évaluation rigoureuse des mérites professionnels, des antécédents juridiques, de l'indépendance et de la solvabilité éthique ».

L'Assemblée nationale (AN), à majorité chaviste, doit pourvoir un total de 20 postes vacants au tribunal : 8 postes de magistrats démissionnaires ou retraités, et 12 nouveaux postes créés par une réforme de la loi organique du TSJ approuvée en mai, qui a élargi le tribunal de 20 à 32 membres. Par ailleurs, le Parlement nommera l'inspecteur des tribunaux et le directeur de l'École nationale de la magistrature (ENM).

Les organisations ont demandé de publier un calendrier du processus, de diffuser la liste des candidats avec leur curriculum vitae et d'établir des critères objectifs de qualification avant les évaluations. (PE)

Dans la déclaration, ils ont présenté des demandes spécifiques au Parlement. Ils ont demandé de publier un calendrier avec « chacune des phases restantes du processus et ses délais », de diffuser la liste des candidats accompagnée de leur curriculum vitae et de fixer des critères objectifs de qualification avant les évaluations.

Ils ont également exigé des mécanismes de contestation avec des réponses motivées à chaque objection reçue, ainsi que « de véritables espaces de participation citoyenne ».

Les organisations, ont-ils souligné, doivent permettre à la société civile de suivre chaque étape, de présenter les informations pertinentes et d'accéder aux décisions prises, qu'elles considèrent essentielles pour « suivre et vérifier que la sélection s'effectue de manière transparente, impartiale et conformément aux normes internationales ».

Les groupes ont également lié le renouvellement du TSJ à la situation des droits humains au Venezuela. Un tribunal autonome et indépendant, ont-ils souligné, « est une condition essentielle pour garantir leur accès à la vérité, à la justice et à une réparation complète, ainsi que pour prévenir la répétition ».

Le Haut-Commissariat des Nations Unies a été invité à surveiller la rénovation de la Cour suprême du Venezuela. (Reuters/Isaac Urrutia)

La question « est particulièrement importante dans un contexte où persistent la criminalisation et les détentions arbitraires pour des raisons politiques, des pratiques répressives qui n'ont pas été éradiquées et dans lequel le pouvoir judiciaire a un rôle décisif », ont-ils averti.

Parmi les destinataires de l'appel figurent la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et les mécanismes internationaux concernés, à qui il a été demandé de suivre le processus.

La période de candidature, qui cumule deux prolongations, se termine le mercredi 18 juin. Jusqu'à présent, plus de 600 candidats se sont inscrits. Une fois les inscriptions clôturées, la Commission des Nominations disposera d'un délai de 15 jours pour recevoir les contestations et évaluer les dossiers, après quoi elle transmettra à l'AN la liste des personnes éligibles aux nominations définitives.