Le gouvernement des États-Unis a exprimé jeudi son soutien à un processus de dialogue politique au Venezuela visant une transition démocratique, en mettant l'accent sur la restauration des institutions, la réforme du système électoral et le rétablissement des garanties de participation politique.
Cette déclaration intervient après une rencontre à Caracas entre le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, et Dinorah Figuera, présidente du Parlement élu en 2015, un organe que Washington continue de considérer comme la dernière institution vénézuélienne à émerger d'élections démocratiques internationalement reconnues.
Dans un communiqué, le Département d'État a affirmé que l'agenda discuté entre les parties comprend des aspects considérés comme fondamentaux pour une éventuelle normalisation démocratique. Parmi eux, il a évoqué la reconstruction des institutions, le renforcement du Conseil national électoral (CNE), la création de conditions permanentes de compétition politique et la protection des libertés essentielles au débat public.
« La pierre angulaire de toute transition démocratique est un dialogue inclusif », a déclaré Washington, qui a décrit la réunion comme une première étape dans un processus plus large qui cherchera à créer les conditions d’une société « libre et ouverte ».

La déclaration américaine a mis l'accent sur la nécessité de développer un travail technique permettant de construire un consensus durable et garantissant que le processus représente les intérêts des citoyens vénézuéliens.
« C'est la seule façon pour le Venezuela d'avoir un avenir plus démocratique et plus prospère », indique le texte.
La réunion s'est tenue au Palais législatif fédéral et a marqué le début d'une nouvelle étape de pourparlers promue par les États-Unis. Bien que les participants n'aient pas proposé de déclarations communes après la réunion, la visite de Figuera à Caracas était liée aux efforts visant à faire avancer un projet de négociation politique.
Avant de rencontrer Rodríguez, la leader de l'opposition a expliqué qu'elle avait accepté une invitation liée à l'élaboration d'un agenda visant à promouvoir des accords sur les droits politiques et les libertés publiques. À son arrivée dans le pays, il a soutenu que l'objectif est d'évoluer vers des mécanismes permettant de résoudre les différends par des moyens institutionnels.
L’une des principales questions soulevées dans cette nouvelle phase est la réorganisation du système électoral vénézuélien. Figuera a déclaré que le défi consiste à construire un corps électoral qui génère confiance et crédibilité.

« En ce moment, j'accepte une invitation du Département d'État à relever tous ces défis (…) en vue d'avoir un Conseil électoral national crédible », a-t-il déclaré aux journalistes.
La question électorale occupe une place centrale dans les conversations promues par Washington. Début juin, le secrétaire d'État Marco Rubio avait indiqué que le Venezuela avait besoin d'« un nouveau comité électoral » pour pouvoir organiser des élections avec des garanties suffisantes pour tous les acteurs politiques.
Le soutien des États-Unis au dialogue implique également l'espoir que de nouveaux pourparlers se poursuivront dans les semaines à venir à Caracas. Selon le Département d'État, l'objectif est d'établir formellement une feuille de route permettant d'aborder les réformes institutionnelles et de générer des mécanismes ouverts de participation politique.
La visite de Figuera représente également son retour au Venezuela après huit ans hors du pays. La dirigeante, une professionnelle de la santé, s'était exilée après avoir signalé des menaces liées à son activité politique. Ces derniers mois, il a maintenu des contacts avec des représentants américains pour discuter de scénarios liés à une éventuelle transition démocratique.
Ce rapprochement intervient à un moment de reconfiguration de la scène politique vénézuélienne. Washington estime que les négociations devraient se concentrer sur des aspects pratiques et vérifiables permettant de progresser progressivement vers des institutions plus solides et des processus électoraux reconnus par toutes les parties.
Le corps électoral est au centre des conflits politiques vénézuéliens depuis des années et continue d'être l'une des questions les plus sensibles dans toute discussion sur l'avenir politique du pays.
Pour l’instant, tant Washington que les participants à la réunion conviennent que le processus ne fait que commencer. L'objectif déclaré est d'ouvrir une phase de conversations visant à établir des règles politiques durables, à renforcer les institutions et à créer des conditions permettant aux Vénézuéliens d'exprimer leurs positions dans un cadre de plus grandes garanties démocratiques.