« Aucune formule politique ne peut être au-dessus de la Constitution » : l'appel du Laboratoire de Paix, six mois après le début de la présidence intérimaire du Venezuela

Le Laboratoire de Paix a lancé un appel urgent pour rétablir l'ordre constitutionnel au Venezuela et a averti que la reconstruction nationale ne peut être reportée ou soutenue sur des formules politiques étrangères à la Constitution. Six mois après le retrait de Nicolas Maduro du territoire vénézuélien et le début de la présidence intérimaire de Delcy Rodríguez, l'organisation a affirmé que le pays se trouve face à une heure critique où la reconstruction institutionnelle est essentielle pour faire face à l'urgence humanitaire et ouvrir la voie à une transition légitime.

Dans un communiqué, l'organisation a averti que la récente crise a entraîné des pertes humaines, des communautés meurtries et une demande immédiate de protection, de réponse et de dignité. Face à ce scénario, il a souligné la réaction solidaire des citoyens vénézuéliens, qui ont aidé, accompagné, sauvé et soutenu la vie au milieu de l'adversité, même lorsque les institutions n'ont pas offert de réponses suffisantes.

Le Laboratoire de paix (LabPaz), qui compte dans son équipe les défenseurs des droits humains Lexys Rendón et Rafael Uzcátegui, considère que la nouvelle urgence humanitaire nécessite des actions immédiates : assistance sans délai, soins médicaux adéquats, protection efficace des personnes affectées, transparence dans la gestion de l'aide, garanties de non-discrimination et de responsabilité.

3juil26 INFOBAE intérimaire de six mois

Il a toutefois prévenu que ces mesures ne seront crédibles et possibles que si elles sont soutenues par des institutions légitimes, des autorités soumises au contrôle citoyen et un processus de transition axé sur les droits de l’homme et « la dignité au centre de toute décision publique ».

L'article 233 de la Magna Carta stipule : « …Si l'absence absolue du président de la République survient pendant les quatre premières années de la période constitutionnelle, une nouvelle élection universelle, directe et secrète aura lieu dans les trente jours consécutifs suivants. Pendant que le nouveau président est élu et prend ses fonctions, le vice-président exécutif sera chargé de la présidence de la République… ».

Aujourd'hui, 3 juillet, les dispositions de l'article 234 de la Constitution sont remplies : « Les absences temporaires du président de la République seront compensées par le vice-président exécutif ou le vice-président exécutif pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours, prorogeable par décision de l'Assemblée nationale pour quatre-vingt-dix jours supplémentaires. Si une absence temporaire dure plus de quatre-vingt-dix jours consécutifs, l'Assemblée nationale décidera à la majorité de ses membres s'il y a lieu de considérer qu'il y a absence absolue.

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Basé à Caracas, le Laboratoire de Paix (LabPaz) est un centre de recherche et de réflexion stratégique vénézuélien qui, depuis 2012, exécute, analyse, diffuse et génère des recommandations pour la résolution des conflits à travers l'approche interdisciplinaire de la démocratie, de la non-violence et des droits de l'homme.

Dans sa déclaration, l'organisation LabPaz a rappelé que la Constitution nationale est la norme suprême du système juridique vénézuélien et que toutes les personnes et organismes du pouvoir public y sont soumis. « Aucune formule politique ne peut être au-dessus de la Constitution », a-t-il souligné, avertissant que toute solution qui ignorerait ce cadre aggraverait la fragilité institutionnelle.

Le communiqué souligne que l'expiration du délai constitutionnel prévu à l'article 234 pour l'exercice d'un gouvernement intérimaire ou provisoire oblige les institutions compétentes à agir sans plus attendre.

En ce sens, LabPaz a demandé de déclarer l'absence absolue de la Présidence de la République et d'adopter immédiatement les mesures nécessaires pour rétablir le fil constitutionnel en convoquant des élections libres, authentiques, compétitives, transparentes et vérifiables.

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L'organisation a mis en cause l'incapacité de l'Assemblée nationale, présidée par Jorge de Jesús Rodríguez Gómez, frère du président par intérim, à garantir le strict respect de la Constitution dans le cadre de ses pouvoirs.

Pour LabPaz, cette inaction accroît l’incertitude et confirme l’urgence de reconstruire les institutions comme condition fondamentale pour un redressement matériel efficace du pays.

LabPaz a insisté sur le fait que toute transition démocratique convenue doit être basée sur le respect de la norme constitutionnelle, la séparation des pouvoirs, la garantie des droits civils et politiques et la participation pleine, libre et informée des citoyens.

Il a également averti que la prolongation indéfinie de situations exceptionnelles, sans base constitutionnelle suffisante, affaiblit les institutions, approfondit l'incertitude et prive la société vénézuélienne de son droit de décider démocratiquement de son avenir.

« Les accords qui remplacent la volonté populaire et la Constitution vénézuélienne ne sont pas légitimes », prévient l'organisation, soulignant que la reconstruction matérielle du pays passe par une reconstruction institutionnelle. « Le logement, les écoles, les hôpitaux, les services publics et l’aide humanitaire nécessiteront des décisions qui inspirent confiance, sécurité juridique et légitimité. »

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Il souligne que le Venezuela a démontré, dans le contexte de la plus terrible tragédie provoquée par les tremblements de terre, qu'il existe une « société vivante et solidaire, capable de diriger sa propre reconstruction ».

Il ajoute qu’il a été démontré que les Vénézuéliens « ne sont pas des spectateurs de leur destin, mais des protagonistes de la solidarité, de l’organisation communautaire et d’une éventuelle reconstruction ».

Selon LabPaz, la reconstruction du pays doit commencer par la validité de la Constitution « en tant que cadre commun de coexistence, de justice, de légalité et d'espoir démocratique ».

C'est pour cette raison qu'ils insistent sur la nécessité de « revenir à la normale, de recouvrer la souveraineté, d'ouvrir la voie à un calendrier électoral et d'organiser des élections qui permettent une transition sans nouveaux ajournements », qui incluent la légitimité, la paix et les droits de l'homme.

En clôturant le communiqué, Laboratoire de Paix a appelé les autorités nationales, les acteurs politiques, la société civile, la communauté internationale et les organisations de protection des droits de l'homme à accompagner et exiger la restitution du fil constitutionnel, la déclaration formelle de l'absence absolue de la Présidence et la convocation urgente d'élections conformément aux normes démocratiques internationales.