Ils préviennent que la violence oblige les enseignants à quitter leurs communautés au Honduras

La violence au Honduras oblige les enseignants à quitter leur domicile et leur lieu de travail pour se protéger. Le rapport détaillé présenté par le Commissaire National aux Droits de l'Homme (Conadeh) a indiqué qu'entre 2016 et 2025, il a reçu 553 plaintes d'enseignants en danger ou victimes de déplacements forcés internes, ce qui place le secteur au troisième rang des groupes professionnels les plus touchés.

Selon les archives de l'organisation, les enseignants figurent derrière les femmes au foyer et les commerçants parmi les groupes où l'incidence de ce phénomène est la plus élevée dans le pays. Le coordonnateur du médiateur pour la mobilité humaine du ConadehElsy Reyes, a déclaré que cinq cas de déplacement sur cent traités par l'institution correspondent à des professionnels de l'éducation.

L'institution souligne que les enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur sont victimes de menaces, de tentatives d'homicide, d'extorsion et de dépossession, d'agressions sexistes et d'autres crimes qui les obligent à quitter leurs communautés.

Selon l'institution, certains éducateurs subissent des représailles pour avoir orienté des étudiants risquant d'être recrutés par des structures criminelles, dispensé des cours dans des zones à taux de violence élevé ou pris des décisions académiques générant des conflits avec des personnes liées à des groupes criminels.

Face à ces situations, beaucoup demandent des transferts vers d'autres régions du pays comme mesure d'autoprotection, tandis que d'autres recourent directement au Conadeh pour rechercher un soutien institutionnel et protéger leur vie.

Les données de l'agence montrent que 68 % des plaintes pour déplacements forcés ont été déposées par des femmes, tandis que 32 % correspondaient à des hommes.

La violence au Honduras a contraint les enseignants à quitter leur domicile et leur lieu de travail

La plus forte concentration de cas est enregistrée dans les départements de Francisco Morazán et Cortés, en plus d'El Paraíso, Olancho et Choluteca, où s'accumulent près de 75 % des plaintes reçues au cours de la dernière décennie.

En ce qui concerne les auteurs présumés, certaines des victimes ont désigné des inconnus comme principaux agresseurs, même si des accusations ont également été identifiées contre des membres de structures criminelles et même des membres des forces de sécurité de l'État.

En 2025, le Conadeh a traité 676 plaintes liées au déplacement interne forcé, dont 59 déposées par des enseignants.

L'institution s'est dite préoccupée par les conséquences émotionnelles que ce problème génère tant chez les enseignants que chez les étudiants. La peur permanente, l’incertitude et l’exposition constante à des événements violents affectent le bien-être psychologique des communautés éducatives et ont un impact sur le processus d’enseignement et d’apprentissage.

La violence et l'extorsion obligent les enseignants à demander des transferts et à quitter leur communauté. EFE/Gustavo Amador

L'organisation a insisté sur la nécessité de renforcer la prise en charge psychologique au sein des centres éducatifs et de promouvoir des stratégies globales de prévention pour garantir des environnements scolaires plus sûrs.

Il a également réitéré que les réponses institutionnelles doivent aller au-delà du transfert des enseignants concernés et intégrer des mécanismes de protection, de soutien et de reconstruction du tissu social afin de réduire l'impact de la violence dans le système éducatif hondurien.

Conadeh a souligné que garantir la sécurité des enseignants représente également une condition essentielle pour protéger le droit à l'éducation de milliers d'élèves.

L'institution considère que faire face aux déplacements forcés nécessite des actions coordonnées entre les autorités, le système éducatif et les agences de protection, afin de prévenir de nouveaux cas.