L'arrivée des baleines à bosse sur les côtes panaméennes marque chaque année l'un des spectacles naturels les plus importants du pays et le début d'une saison qui attire des milliers de visiteurs nationaux et étrangers.
Cependant, l’augmentation du nombre d’embarcations dans les zones d’observation augmente également les risques d’incidents pouvant altérer le comportement de ces mammifères marins, voire mettre en danger leur survie.
Face à ce scénario, le ministère de l'Environnement (MiAmbiente) a réitéré l'appel à respecter strictement les réglementations qui régissent l'observation des baleines au Panama, une activité qui se déroule principalement entre juillet et octobre, lorsque les eaux du Pacifique reçoivent des centaines de baleines à bosse de l'hémisphère sud.
Ces animaux parcourent plus de 8 000 kilomètres depuis les eaux froides de l’Antarctique et du sud du Chili pour atteindre les eaux chaudes du Panama, où ils trouvent des conditions idéales pour s’accoupler, mettre bas et allaiter leurs petits avant d’entreprendre le voyage de retour vers leurs zones d’alimentation.
Les principales zones d'observation sont situées dans l'archipel de Las Perlas, le golfe de Chiriquí, le parc national de Coiba, le golfe de Montijo et d'autres secteurs du Pacifique panaméen.

Le Panama reçoit également, entre décembre et avril, des spécimens de baleines de l'hémisphère nord, devenant ainsi l'un des rares pays où il est possible d'observer des migrations des deux hémisphères à différentes périodes de l'année.
L'activité est réglementée par la résolution DM-0144-2022, qui établit un ensemble de normes techniques pour garantir que le tourisme d'observation se déroule sans affecter les animaux ni compromettre la sécurité des visiteurs.
Les sanctions prévues visent à décourager tout comportement mettant les cétacés en danger. La résolution établit des amendes minimales de 6 000 $ lorsqu'un navire entre en collision avec un cétacé ; 5 000 dollars si vous vous approchez à moins de 50 mètres ; et 3 500 $ lorsque vous vous approchez entre 50 et 250 mètres d'une baleine ou entre 50 et 100 mètres d'un groupe de dauphins.
En cas de récidive, les amendes pourront être doublées et l'opérateur pourra perdre définitivement son autorisation pour fournir ce service.

Parmi les principales règles figure le maintien d'une distance minimale de 250 mètres avec les baleines et de 100 mètres dans le cas des dauphins. Dans les zones d'observation, les bateaux ne peuvent pas dépasser une vitesse de quatre nœuds, soit environ sept kilomètres par heure, et doivent mettre le moteur au point mort à l'approche des cétacés, en évitant les accélérations ou les changements brusques de vitesse.
La résolution limite également le temps d'observation. Chaque bateau pourra passer un maximum de 30 minutes devant le même groupe de cétacés, tandis que la période est réduite à 15 minutes lorsqu'il s'agit d'une mère accompagnée de son petit, dans le but de minimiser le stress pendant l'une des étapes les plus sensibles du cycle de reproduction.
Mais la réglementation va bien au-delà des distances. Le document établit que seuls deux navires peuvent observer simultanément le même groupe de baleines et que tous deux doivent maintenir une séparation minimale de 200 mètres l'un de l'autre. Si d'autres bateaux arrivent, ils doivent attendre à plus de 250 mètres que les premiers quittent la zone avant de commencer le voyage.
De même, il est interdit de poursuivre les cétacés, d'intercepter leur trajectoire, de les encercler, de diviser le groupe ou de suivre le point où ils émergent pour respirer après une plongée. L'approche doit toujours être effectuée parallèlement et légèrement en retrait du mouvement naturel des animaux pour éviter de modifier leur comportement.

Le règlement envisage également des situations spécifiques lors de l'observation. Si les baleines commencent à effectuer des sauts répétitifs, à afficher un comportement agressif entre individus, à changer brusquement de direction ou à interrompre des activités telles que se nourrir, s'accoupler ou prendre soin des veaux, les bateaux doivent être retirés immédiatement et à basse vitesse.
Il est également interdit de générer des bruits susceptibles de déranger les animaux, notamment de la musique forte, des accélérations inutiles du moteur ou la reproduction de sons de cétacés.
Une autre interdiction consiste à nourrir les baleines ou tout autre mammifère marin, ainsi qu'à essayer d'interagir avec eux par la natation, la plongée, le kayak, le paddle board ou d'autres activités aquatiques.
Même l'utilisation de drones n'est autorisée que pour la recherche scientifique, la surveillance environnementale ou les productions audiovisuelles préalablement autorisées par MiAmbiente et l'Autorité aéronautique civile.
Le ministère de l'Environnement a également rappelé que seuls les opérateurs, navires, capitaines et guides inscrits au registre officiel peuvent offrir ce service touristique. Chacun doit respecter la formation, la sécurité, les premiers secours, la manipulation responsable des cétacés et présenter des rapports périodiques sur les activités touristiques réalisées.

La supervision correspond à MiAmbiente, qui peut coordonner les opérations avec le Service National Aéronaval (Senan), le Service National des Frontières (Senafront) et la Police Nationale pour contrôler le respect des dispositions tout au long de la saison.
L'observation des baleines est devenue l'une des principales attractions du tourisme de nature au Panama et génère des revenus pour les communautés côtières, les voyagistes, les hôtels, les restaurants et les services associés.
Pour les autorités environnementales, préserver le comportement naturel de ces géants marins protège non seulement une espèce emblématique du Pacifique panaméen, mais garantit également la pérennité d'une activité économique qui devient chaque année plus importante pour le pays.