Le Venezuela demande des tests ADN pour identifier les victimes du tremblement de terre de La Guaira

Près d'un mois après le double tremblement de terre qui a secoué le nord du Venezuela le 24 juin, le gouvernement a activé mardi deux fronts en réponse à l'ampleur de la tragédie : l'appel à des tests ADN pour identifier les défunts, encore anonymes, et une opération de fumigation et d'assainissement de l'environnement dans l'État de La Guaira, l'État le plus durement touché par les tremblements de terre.

Le Service national de médecine et de médecine légale (Senamecf) et le ministère de l'Intérieur ont publié une déclaration commune dans laquelle ils font appel à des proches qui ont des indications selon lesquelles leurs proches se trouvent dans les morgues de La Guaira ou celles de Bello Monte, Caracas. L’objectif affiché est, selon le texte officiel, « de parvenir à l’identification des victimes grâce à des comparaisons scientifiques de profils génétiques et d’apporter certitude et tranquillité aux familles ».

Les échantillons doivent être fournis volontairement par les parents directs du sang, au siège du Senamecf à Bello Monte, du lundi au samedi entre 8h30 et 18h00, heure locale.

Le personnel médico-légal transporte un corps vers une morgue de fortune pendant que les gens recherchent leurs proches sous les décombres après les tremblements de terre du 24 juin à La Guaira (REUTERS/Leonardo Fernández Viloria)

La mesure intervient alors que le bilan officiel accumule 5 346 décès, un chiffre publié ce mardi par Jorge Rodríguez, président de l'Assemblée nationale, après l'ajout de 68 nouveaux décès. Le nombre de blessés reste à 16.740 et il y a 17.907 personnes sans logement, en plus de 856 bâtiments touchés et 190 effondrés.

Les autorités vénézuéliennes n'ont pas publié de chiffres sur les personnes disparues, mais la plateforme citoyenne « Tremblement de terre disparu Venezuela » enregistre 29 500 personnes avec lesquelles il n'a pas été possible d'établir un contact. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait indiqué en juin que ce nombre pourrait atteindre 50 000.

Des gens se reposent en cherchant les corps de leurs proches sous les décombres après les tremblements de terre au Venezuela (REUTERS/Leonardo Fernández Viloria)

Des équipes spécialisées de fumigateurs et d'inspecteurs sanitaires de La Guaira, du District de la Capitale, d'Aragua et de Miranda travaillent simultanément dans les secteurs touchés.

Nelare Bermúdez, unique autorité sanitaire de l'État de La Guaira, a indiqué qu'à ce jour, l'équipe a soigné plus de 16 000 personnes dans les communautés, les hôpitaux de campagne et dans les 28 camps temporaires actifs de l'entité, où vivent 12 123 personnes selon le dernier bilan officiel.

Le même mardi, le ministère de la Santé a signalé le décès de trois personnes causées par l'hantavirus dans le nord-est du pays et de deux autres dans l'État de Barinas, le diagnostic étant toujours en attente de confirmation.