Ils ont capturé alias « Caballo » en Équateur, l'un des personnes poursuivies pour le blanchiment millionnaire de la mafia albanaise

Pablo Adrián Hidalgo Tuárez, alias « Caballo », l'un des accusés pour le prétendu stratagème de blanchiment d'argent attribué à une organisation criminelle d'origine albanaise qui opérait en Équateur, a été arrêté à La Maná, province de Cotopaxi. L'homme est resté en fuite et est appelé à être jugé dans l'affaire Pampa, l'enquête qui compte également parmi ses accusés le citoyen albanais Dritan Gjika.

L'arrestation a eu lieu dimanche 23 août, lors d'une opération menée par des unités spécialisées de l'armée équatorienne. Les militaires sont intervenus dans une propriété située à l'intersection des avenues Sigchos et Calaví, à La Maná, où ils ont localisé Hidalgo Tuárez et ont vérifié qu'il disposait d'un mandat d'arrêt valide. Après la procédure, il a été transféré à Quevedo, dans la province de Los Ríos, et mis à la disposition des autorités.

La capture nous permet de réactiver une partie du processus judiciaire resté paralysé précisément parce qu'Hidalgo Tuárez n'avait pas été localisé. En octobre 2024, un juge spécialisé a convoqué en justice 13 personnes physiques et huit personnes morales pour blanchiment d’argent présumé dans le cadre de l’affaire Pampa. Parmi eux se trouvaient Hidalgo Tuárez et Gjika, qui étaient des fugitifs, de sorte que le déroulement du procès a été suspendu pour les deux jusqu'à ce qu'ils soient capturés ou comparaissent volontairement.

Hidalgo Tuárez est poursuivi en tant qu'auteur direct présumé du délit de blanchiment d'argent. Les autorités l'ont également identifié comme l'opérateur financier présumé de la structure enquêtée. Son arrestation prend ainsi une autre dimension qu'une capture exclusivement liée au trafic de drogue : son nom figurait déjà depuis près de deux ans dans l'un des principaux dossiers ouverts en Équateur pour enquêter sur la façon dont un réseau lié au trafic international de cocaïne aurait introduit des millions de dollars dans l'économie formelle.

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La thèse du Procureur soutient que l'organisation a utilisé des activités commerciales apparemment légales pour incorporer dans le système financier des ressources dont l'origine aurait été le trafic de drogue. L'un des principaux mécanismes étudiés était le commerce d'exportation de bananes, un secteur qui aurait servi à la fois à justifier les mouvements économiques et à entretenir une partie des infrastructures utilisées par le réseau.

Les sociétés Agricomtrades et Cresmark figurent parmi les sociétés enquêtées. Outre les 13 personnes physiques, huit personnes morales ont été convoquées en justice. Selon l'enquête, la structure aurait eu recours à des sociétés pour acquérir des biens meubles et immeubles, des véhicules et d'autres actifs avec lesquels elle aurait cherché à cacher ou à donner une apparence de légalité à l'argent obtenu grâce à des activités illicites.

Le montant instruit reflète la dimension économique du dossier. Le parquet a établi la valeur du blanchiment d'argent présumé attribué à la structure à environ 43,4 millions de dollars. La procédure, identifiée sous le numéro 17U05-2024-00042, a été transmise au Tribunal Spécialisé des Garanties Pénales pour le Jugement des Délits liés à la Corruption et au Crime Organisé, basé à Quito.

Gjika apparaît comme l'une des figures centrales de l'enquête. Selon la thèse fiscale, le citoyen albanais et son principal partenaire, Mario Sánchez Rinaldi, auraient utilisé des entreprises liées à l'exportation de bananes pour mobiliser d'importantes sommes d'argent sans alerter initialement les autorités. L'enquête a rassemblé plus de 500 organes de procédure avant l'appel au procès.

Photographie d'archive de policiers équatoriens à Guayaquil (Équateur). EFE/Carlos Durán Araújo

Le cas Pampa a également permis de reconstituer la relation entre les activités économiques de l'organisation et le trafic international de drogue. Les enquêtes ont montré que des réseaux liés aux citoyens albanais ont profité de la position de l'Équateur comme l'un des principaux exportateurs mondiaux de bananes et de ses infrastructures portuaires pour faciliter les opérations destinées au marché européen.

La capture d'Hidalgo Tuárez intervient après plusieurs opérations menées ces dernières années contre des structures qui combinent trafic de drogue, sociétés légales et mécanismes de blanchiment d'argent. Les enquêtes ont montré que ces organisations ont besoin non seulement de personnes chargées de transporter ou d'introduire la cocaïne dans des conteneurs, mais aussi d'opérateurs capables de gérer des entreprises, des propriétés et des flux financiers.