L’Union européenne confirme l’expulsion de son ambassadeur nicaraguayen

Le gouvernement nicaraguayen a expulsé l’ambassadrice de l’Union européenne, Bettina Muscheidt, qu’il a qualifiée d' »ingérence », comme l’a confirmé ce dimanche à travers où il « regrette profondément » cette décision qu’il a qualifiée d' »injustifiée et unilatérale ».

Le texte indiquait que les autorités nicaraguayennes avaient informé mercredi dernier le chef de la délégation de l’UE au Nicaragua qu’elle avait été déclarée persona non grata et qu’elle devait quitter le pays ce samedi.

« L’UE regrette profondément et rejette cette décision injustifiée et unilatérale. L’UE regrette également profondément la décision unilatérale disproportionnée et injustifiée prise vendredi par le gouvernement nicaraguayen de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume des Pays-Bas et exprime son soutien inconditionnel au gouvernement néerlandais. « , indiquait le bref texte.

L’Union européenne a en outre fait valoir que « ces actions hostiles et injustifiées n’affecteront pas seulement les relations bilatérales entre le Nicaragua et l’UE et ses États membres, mais conduiront également à un plus grand isolement international du Nicaragua ». Dans ce contexte, l’UE envisage la voie appropriée suivre et répondra de manière ferme et proportionnée.

L’UE insiste sur le dialogue

Le communiqué publié dimanche par l’Union européenne indique que « la crise politique actuelle au Nicaragua doit être résolue par un véritable dialogue entre le gouvernement et l’opposition ».

Dans le même temps, les pays membres du bloc européen ont réaffirmé leur engagement continu envers le peuple nicaraguayen et la défense de la démocratie, de l’État de droit et des droits de l’homme.

« L’UE reste ouverte au dialogue avec le Nicaragua, à condition que ce dialogue soit mené dans le respect », rappelle le communiqué.

Le diplomate européen, nommé à ce poste le 30 juillet 2021, est arrivé dans le pays dans le contexte de la crise sociopolitique exacerbée par les manifestations contre Ortega en 2018, qui ont fait plus de 300 morts et que le président a qualifiées de « coup d’État ». tentative » contre son gouvernement.

L’expulsion du diplomate européen intervient quelques jours après que la délégation de l’UE auprès des Nations unies a exhorté Ortega à « rendre la souveraineté du Nicaragua au peuple ».

A l’expulsion du diplomate s’ajoute la décision de Managua de rompre les relations diplomatiques avec le Royaume des Pays-Bas.

« Elle a été expulsée de manière vulgaire »

L’ancien diplomate nicaraguayen, Arturo McFields, a qualifié de « vulgaire » l’expulsion du diplomate européen et assuré qu’elle est due « à la panique et à la paranoïa dues aux sanctions ».

A cet événement sans précédent des 30 dernières années s’ajoute le harcèlement subi par d’autres diplomates critiques du gouvernement Ortega, au pouvoir depuis plus de 15 années consécutives malgré les allégations de multiples fraudes électorales.

Auparavant, l’ambassadeur du Vatican au Nicaragua, le nonce Waldemar Sommertag, qui avait quitté Managua le 6 mars, dans une action caractérisée par le secret, avait été expulsé du pays. L’approbation du candidat à l’ambassadeur par le président des États-Unis Joe Biden, Hugo Rodríguez, a également été retirée.