L’écrivain et sociologue Oscar René Vargas, ancien conseiller du président nicaraguayen Daniel Ortega, qui fut a été mis en examen jeudi pour des crimes présumés d' »association de malfaiteurs » et de « propagation de fausses nouvelles », ont indiqué ses proches.
René Zamora Vargas, fils d’un autre économiste et analyste politique, a informé Presse associée que l’audience initiale du procès contre son père était prévue pour le 9 décembre.
« Mon père est un intellectuel. Cette accusation fait partie de la persécution de la pensée et de l’intelligence » par le gouvernement de Daniel Ortega, a-t-il dit.
L’écrivain de 76 ans, qui souffre de maladies chroniques et porte un stimulateur cardiaque, est détenu à la prison de la police d’El Chipote depuis le 22 novembre dernier, date à laquelle il a été arrêté à Managua alors qu’il rendait visite à un parent, a rappelé son fils.
Le parquet l’a inculpé des crimes de « complot en vue de porter atteinte à l’intégrité nationale, provocation à commettre une rébellion et propagation de fausses nouvelles », au détriment de l’État nicaraguayen, a ajouté Zamora Vargas, qui a rejeté ces accusations.
Le parti du Front sandiniste, au pouvoir depuis 2007, « exclut et persécute les personnes ayant une pensée critique et indépendante », a ajouté Vargas Zamora, qui est poète et a quitté le Nicaragua il y a près d’un an parce qu’il se sentait lui aussi menacé.
Vargas a été conseiller d’Ortega dans le premier gouvernement sandiniste (1979-1990). En 2007, après son retour au pouvoir, il a été nommé ambassadeur du Nicaragua en France, mais a annulé la nomination après que Vargas ait critiqué le limogeage de trois ministres dans une interview et déclaré que « la réflexion apporte beaucoup d’adversité ».
Le Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh), qui défend Vargas, a qualifié l’accusation de « farce judiciaire » et a exigé via Twitter la « libération immédiate » de l’écrivain et « l’arrêt de la répression » qui s’exerce à travers le Pouvoir judiciaire.
Oscar René Vargas était en exil au Costa Rica à la suite des manifestations sociales de 2018 et son retour récent au Nicaragua « a surpris la famille », selon son fils.
Auteur de 36 livres et ancien professeur, l’économiste avait mis en doute avant son arrestation un rapport d’une mission technique du Fonds monétaire international (FMI), qui évaluait positivement les projections de l’économie nicaraguayenne.
Depuis 2018, le Nicaragua traverse une grave crise qui, loin d’être résolue, s’est aggravée en novembre dernier quand Ortega, 77 ans, a été réélu pour un quatrième mandat consécutif après avoir emprisonné ses principaux opposants politiques. Selon l’opposition, il y aurait actuellement plus de 200 « prisonniers politiques » dans le pays.