Onze ex-présidents exigent qu’Ortega rende des comptes devant la Cour pénale internationale

Onze anciens présidents latino-américains réunis au sein du soi-disant Groupe Liberté et Démocratie ont demandé ce jeudi que les enquêtes contre le président Daniel Ortega devant la Cour pénale internationale soient accélérées « face aux violations répétées des droits de l’homme » qui se produisent au Nicaragua.

Dans un communiqué publié le 20 avril, date symbolique au Nicaragua pour dès le début des protestations contre Ortega, les ex-présidents, parmi lesquels Felipe Calderón, du Mexique ; Iván Duque, de Colombie; et Mauricio Macri, d’Argentine, se sont dits convaincus que les actions entreprises par la communauté internationale n’ont pas été suffisantes.

« La situation actuelle (au Nicaragua) nécessite de toute urgence une réflexion de la part des gouvernements attachés à l’État de droit et à la démocratie… notre engagement à collaborer à de nouveaux mécanismes permettant au Nicaragua d’être tenu internationalement responsable de ses actes, y compris des poursuites devant les tribunaux ou les tribunaux,  » dit le communiqué.

En outre, les anciens présidents ont exhorté les gouvernements d’Amérique latine à prendre des mesures visant à cette fin « pour faciliter le fonctionnement de la justice internationale ».

Cette semaine, Ortega a prononcé un discours sur les cinq années de crise sociopolitique que traverse le Nicaragua dans lequel il a réitéré son message selon lequel les manifestations étaient une tentative de coup d’État contre son gouvernement, établi en 2007.

Le président a profité de son discours pour inculper l’Église catholique, qu’il a pointée du doigt pour avoir parrainé les manifestations et pour avoir remis une lettre en 2018 demandant sa démission.

« Les évêques nous ont donné une lettre, j’ai attrapé la lettre, je l’ai feuilletée et il y a eu le coup d’État, les évêques faisant tranquillement un coup d’État, avec leurs signatures et leurs noms là-bas, avec tous leurs noms et prénoms signés par tous eux, il n’y avait pas qu’un seul évêque qui n’a pas signé, ils ont tous signé », a déclaré Ortega.