Le ministère public du Honduras, par l'intermédiaire du Bureau du procureur spécial contre le crime organisé et de l'Agence technique d'enquête criminelle, a mené des perquisitions et appliqué la privation de propriété des actifs liés à l'affaire Koriun Inversiones.
Dans le cadre de cette opération, les autorités sont intervenues dans des logements et ont sécurisé des propriétés qui avaient été proposées dans le cadre de la caution judiciaire par le directeur de l'entreprise, Iván Abad Velásquez. Pour couvrir la caution de 25 millions de lempiras (environ 1 million de dollars), trois propriétés situées à Choloma et San Manuel, Cortés ont été proposées.

Selon le parquet, ces avoirs sont au nom de tiers, comme l'actuel partenaire de Velásquez et d'autres amis proches. Bien qu'on leur ait présenté une valeur de 15 millions de lempiras (environ 600 000 dollars américains), l'enquête a déterminé que le montant ne correspond pas à la valeur réelle, car ils sont situés dans des zones à faible plus-value et dépourvues d'améliorations. Des véhicules ayant déjà fait l’objet de demandes de récupération ont également été saisis.
Décision judiciaire et situation des personnes impliquées
Le directeur de Koriun Inversiones, ainsi que son épouse Kefi Esmeralda Gavarrete Sánchez, Marco Abel Villeda Galdámez, Gustavo Flores Carbajal et Juan Carlos García Ríos, restent en détention préventive pour délits de blanchiment d'argent et association en vue de commettre un délit.
La défense de Velásquez avait présenté ces biens pour obtenir sa libération provisoire, mais le tribunal a annulé les mesures et ordonné la détention préventive. La résolution judiciaire a soutenu qu'il existe des motifs juridiques pour maintenir l'accusé en détention, compte tenu de la gravité des crimes et du risque procédural.

L’affaire Koriun Inversiones est considérée comme l’une des plus grandes escroqueries au Honduras, faisant des milliers de victimes. Le ministère public poursuit la récupération des avoirs et la sécurisation des biens, en essayant de compenser les dommages causés aux personnes touchées par le stratagème frauduleux.
L'ancien procureur général dénonce les pressions politiques dans l'affaire Koriun
L'ancien procureur général Johel Zelaya a reconnu que, pendant son mandat au ministère public, il a été confronté à de « fortes pressions politiques » visant à favoriser le directeur de Koriun Inversiones, Iván Velásquez. Selon Zelaya, ces tentatives visaient à influencer les décisions procédurales, même s'il a assuré que la justice ne devait jamais perdre son sens.
Zelaya a souligné que l'affaire a été présentée aux tribunaux sous son administration, dans un contexte marqué par des changements institutionnels et des procès politiques au sein des instances judiciaires. Les déclarations de l'ancien procureur ont relancé le débat sur l'indépendance judiciaire au Honduras, avertissant que la pression politique représente un sérieux défi à l'autonomie des pouvoirs de l'État.

Le ministère public a documenté que Koriun Inversiones opérait selon un modèle pyramidal, touchant près de 35 000 personnes dans tout le pays. Lors de perquisitions menées fin avril 2025, les autorités ont saisi 358 millions de lempiras (environ 14,3 millions $) en espèces dans différents sièges de l'entreprise et au domicile du dirigeant.
Les irrégularités ont été révélées après des plaintes de citoyens concernant le non-respect des paiements de l'entreprise. Zelaya a averti que l'histoire du pays montre que les tentatives de contrôle absolu ne restent pas impunies par les citoyens et a souligné l'importance de la surveillance sociale pour préserver l'indépendance des institutions.