L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro va subir mardi une nouvelle intervention chirurgicale pour « renforcer » le bloc du nerf phrénique, une intervention visant à contrôler le hoquet persistant dont il souffre depuis des mois, selon son épouse, Michelle Bolsonaro.
Il s'agit de la troisième intervention en seulement quatre jours. Les deux précédents, réalisés samedi et lundi, consistaient en blocs partiels du nerf phrénique droit et gauche, respectivement. Or, les épisodes de contractions involontaires du diaphragme sont réapparus ce mardi matin, selon le témoignage public de Carlos Bolsonaro, l'un des fils de l'ancien président.
Michelle Bolsonaro a constaté que les épisodes ont duré jusqu'à l'après-midi, ce qui a conduit l'équipe médicale à opter pour un « renforcement du bloc du nerf phrénique ». L'ancien président reste hospitalisé dans un hôpital privé de Brasilia, où il a été admis le 24 décembre avec autorisation judiciaire.
Initialement, Bolsonaro avait été hospitalisé pour subir une intervention chirurgicale pour une hernie inguinale bilatérale, une intervention réalisée le jour de Noël. Selon le rapport médical rendu public par la famille, l'évolution de cette opération a été favorable, même si l'attention clinique s'est rapidement déplacée vers le hoquet, qui s'est intensifié pendant la période postopératoire.
Les médecins attribuent ces épisodes aux conséquences des multiples opérations abdominales subies par Bolsonaro depuis septembre 2018, lorsqu'il a été poignardé lors d'un événement de campagne électorale. Depuis, l’ancien chef de l’État a suivi au moins une douzaine de procédures liées à cette attaque.
La situation médicale intervient dans un contexte judiciaire délicat. Le 11 septembre, la Cour suprême a condamné Bolsonaro à 27 ans de prison pour avoir dirigé un complot visant à renverser le résultat de l'élection présidentielle de 2022 et à rester au pouvoir après sa défaite face à Luiz Inácio Lula da Silva.
Depuis fin novembre, l'ancien président purge sa peine dans les locaux de la Surintendance de la police fédérale à Brasilia. La loi brésilienne autorise les transferts hospitaliers avec garde à vue et autorisation judiciaire, comme dans ce cas, mais n'implique pas une modification automatique du régime de détention.
La défense de Bolsonaro a demandé à plusieurs reprises qu'il soit assigné à résidence pour des raisons humanitaires, arguant d'une détérioration persistante de son état de santé. Cependant, le Tribunal fédéral suprême a rejeté jusqu'à présent tous les recours présentés, estimant que les soins médicaux peuvent être garantis sous la garde de l'État. De plus, l'ancien président a tenté de retirer son bracelet électronique, les autorités pensent donc qu'il pourrait y avoir eu une tentative d'évasion.
L'affaire conserve une grande visibilité publique au Brésil, où la figure de l'ancien président continue de polariser le débat politique. Alors que ses alliés insistent sur le fait que son état de santé justifie un traitement exceptionnel, les juges ont réitéré que la gravité des crimes pour lesquels il a été condamné et le risque institutionnel lié à la tentative de rupture démocratique l'emportaient sur les considérations humanitaires invoquées.
La nouvelle intervention médicale, prévue ce mardi, sera évaluée dans les prochaines heures par l'équipe soignante. Son résultat pourrait affecter les futures demandes de défense, même si pour l'instant le cadre judiciaire reste inchangé et l'ancien président continue de purger sa peine dans une prison fédérale.