Cancer du rein au Costa Rica : les diagnostics augmentent et les experts mettent en garde sur les facteurs de risque et la prévention

Le cancer du rein connaît une croissance soutenue au Costa Rica, avec 4 134 nouveaux diagnostics en 2025, contre 3 503 signalés en 2024, ce qui représente une augmentation de 18 %. Selon les données de la Caisse costaricienne de sécurité sociale (CCSS) publiées par l'Université hispanoaméricaine, le pays recense en moyenne 10 cas par jour, une tendance qui suscite l'inquiétude de la communauté médicale et des organismes de santé publique.

L'augmentation de l'incidence s'observe surtout chez les personnes de plus de 50 ans et est plus fréquente chez les hommes. Entre 2021 et 2025, l'Institut national de la statistique et des recensements (INEC) a signalé 2 063 décès dus à ce type de cancer, avec la plus forte concentration de décès dans la tranche d'âge de 55 à 84 ans. Les projections internationales estiment que d’ici 2045, la mortalité par cancer du rein pourrait augmenter de 90,4 % au Costa Rica, ce qui souligne l’urgence de renforcer les stratégies de prévention et de détection.

Le cancer du rein représente 2 à 3 % de tous les cancers diagnostiqués dans le monde et provoque environ 150 000 décès par an. Les spécialistes préviennent que cette maladie est généralement silencieuse, car le diagnostic survient souvent accidentellement lors d'études d'imagerie réalisées pour d'autres causes. Les symptômes peuvent inclure une hématurie (sang dans les urines), des douleurs lombaires unilatérales persistantes, une perte de poids involontaire et une fatigue chronique.

Parmi les facteurs de risque, le Dr Diana Brenes Bolaños, de l'Université Hispanoamericana, souligne le tabagisme, l'obésité et l'hypertension artérielle. Le Dr Fabián Núñez, spécialiste en nutrition, indique que l'obésité double le risque de développer un cancer du rein et souligne que 60 % des adultes et 34 % des enfants au Costa Rica souffrent de cette maladie, selon les données du ministère de la Santé. Une consommation excessive de calories, d'aliments riches en sodium et en sucres simples, ainsi que l'hypertension artérielle, contribuent à la détérioration de la fonction rénale et augmentent le risque de maladies oncologiques.

Un homme s'injecte un stylo injecteur dans l'abdomen. Il porte un T-shirt blanc et ses mains tiennent la peau de l'abdomen et le stylo injecteur.

L’alimentation joue un rôle clé dans la prévention. Les experts recommandent de privilégier la consommation d'aliments naturels comme les fruits, les légumes, les céréales complètes et les protéines saines, en limitant la consommation de sel, de sucres et de produits ultra-transformés. De plus, ils mettent en garde contre l’excès de protéines et la tendance des smoothies verts, qui peuvent surcharger les reins s’ils sont consommés sans surveillance médicale. Il est conseillé de maintenir une hydratation adéquate et de préférer les viandes maigres, en évitant les saucisses et les produits conservés aux nitrites et nitrates de sodium.

Un diagnostic précoce est essentiel. Le Dr Brenes recommande d'effectuer une échographie et un test d'urine si la lombalgie persiste et ne s'atténue pas avec les analgésiques. Un diagnostic rapide améliore le pronostic et élargit les options de traitement, qui peuvent inclure la chirurgie, l'immunothérapie, les thérapies ciblées et, dans les cas avancés, la chimiothérapie.

La prévention primaire se concentre sur la modification du mode de vie. Éviter le tabac, maintenir un poids adéquat, contrôler la tension artérielle et réduire la consommation d'aliments transformés et sucrés sont des mesures recommandées par les spécialistes. De plus, la population doit prêter attention à ses antécédents familiaux de cancer du rein et consulter un médecin en cas de symptômes suspects.

Infographie sur le cancer du rein au Costa Rica montrant un rein atteint d'une tumeur, des graphiques à barres, des icônes de risque et de prévention et des chiffres clés.

L’impact du cancer du rein ne se mesure pas seulement en chiffres de mortalité, mais aussi en qualité de vie. Les patients diagnostiqués sont confrontés à des défis physiques et émotionnels qui nécessitent une approche globale par des équipes multidisciplinaires. Le CCSS et les associations de patients insistent sur l'importance de l'éducation à la santé et de l'accès à des contrôles périodiques.

Dans le cadre de la Journée mondiale du cancer du rein, célébrée le troisième jeudi de juin, les spécialistes rappellent la nécessité de campagnes de sensibilisation visant à la prévention, à la détection précoce et au soutien des personnes vivant avec la maladie. L'éducation de la population et l'accès à des services de santé en temps opportun sont essentiels pour faire face à la croissance des cas et améliorer le pronostic des patients.