Au total, 10 702 personnes restent hébergées dans 79 camps de transition au Venezuela en raison de la perte ou des graves dommages causés à leurs maisons après le double tremblement de terre du 24 juin, tandis que le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a mis en garde contre un déplacement interne croissant des victimes vers des régions qui n'ont pas subi l'impact direct de la catastrophe.
L'ampleur des destructions dans les zones côtières et urbaines a contraint la population à chercher refuge en masse ou à abandonner complètement ses villes natales en quête de moyens de subsistance. Véronique Durroux, porte-parole d'OCHA pour l'Amérique latine et les Caraïbes, a confirmé qu'il y a eu un flux continu de personnes affectées se déplaçant de manière indépendante vers les États de Táchira et Zulia, tous deux limitrophes de la Colombie, ainsi que vers la province orientale du Delta Amacuro, ce qui a obligé l'organisation internationale à réévaluer les programmes de soutien à ces communautés de migrants.
L'État de La Guaira, au nord du pays, considéré comme le point zéro de la catastrophe car c'est la région la plus durement touchée, enregistre la plus forte concentration de citoyens sous protection humanitaire, avec 6 655 personnes réparties dans 20 camps d'urgence. Compte tenu de la forte demande de places, le gouvernement national a indiqué que 11 de ces centres sont en train de s'agrandir pour tenter d'absorber le flux de victimes.
De son côté, à Caracas, 37 camps temporaires ont été activés et abritent actuellement 3 234 citoyens, tandis que dans l'État voisin de Miranda, 22 refuges restent opérationnels avec 813 personnes hébergées. Le ministre de l'Éducation, Héctor Rodríguez, a déclaré par voie officielle que les autorités travaillaient en coordination avec les agences internationales et le secteur privé pour préparer les installations et garantir des espaces décents. Cependant, OCHA a averti que ces camps communautaires ne sont prévus que pour assurer une couverture pendant une période d'environ un mois, après quoi la destination du logement des milliers de familles sans abri doit être réévaluée.
Alors que 11 jours se sont écoulés depuis les tremblements de terre de magnitudes 7,2 et 7,5, les opérations spécialisées de recherche et de sauvetage ont considérablement diminué en raison de l'absence de possibilités de retrouver des survivants parmi les bâtiments effondrés. Les équipes internationales spécialisées, qui ont réussi à sauver vivantes 14 personnes profondément piégées, ont entamé leur processus de démobilisation et de retrait du Venezuela, laissant aux agences de sécurité locales le soin de retirer les débris et les infrastructures routières.
Le dernier bilan officiel maintient les chiffres figés à 2.954 morts et 16.592 blessés. Mais la crise humanitaire est aggravée par le manque de données consolidées sur les disparus, un bilan que les autorités maintiennent stagnant à 157 personnes depuis les premiers jours de la catastrophe.
Contrairement à la version gouvernementale, l’initiative civile « Tremblement de terre au Venezuela disparu » rapporte sur ses plateformes que la liste des citoyens au secret dont il n’y a aucune trace dépasse désormais 31 000 personnes dans tout le pays, ce qui montre la dimension incalculable de l’impact familial et du déplacement provoqué par la tragédie.