Le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires a conclu sa visite officielle au Guatemala par un appel urgent concernant la situation d'abandon à laquelle les proches des 45 000 personnes disparues pendant le conflit armé interne sont confrontés depuis plus de quatre décennies.
Durant le conflit armé interne, qui a duré entre 1960 et 1996, le Guatemala a enregistré la disparition forcée de plus de 45 000 personnes, selon les chiffres des organisations internationales. Malgré l'ampleur du phénomène, l'ONU a dénoncé le fait que l'État guatémaltèque n'a pas mis en place de mécanismes de recherche efficaces ni garanti des conditions de soutien aux personnes touchées, ce qui perpétue l'incertitude et la douleur des familles.
Au cours d'une inspection des installations militaires dans le département du Petén, Delgadillo a signalé l'existence de travaux de génie civil dans des zones où se trouvaient des traces de restes humains, pour lesquels il a exigé « l'arrêt immédiat des travaux » pour préserver d'éventuels cimetières clandestins.
Le Groupe de travail des Nations Unies a reconnu certains progrès réalisés par le gouvernement actuel de Bernardo Arévalo de León, notamment la création d'un mécanisme de recherche humanitaire. Cependant, les experts ont averti que le manque de coordination entre les ministères et les agences médico-légales génère une confusion parmi les victimes, qui ne savent souvent pas vers qui se tourner pour entamer leurs procédures. Ce démantèlement institutionnel, selon la délégation, rend également difficile la localisation des personnes disparues dans le cadre du transit migratoire.
Face à ce scénario, le Groupe de travail a recommandé au président Arévalo d'émettre des lignes directrices précises pour que toutes les institutions de l'État localisent, organisent et sauvegardent les informations liées au conflit armé interne et les déclarent patrimoine culturel. La délégation a également demandé l'ouverture complète des archives militaires et le libre accès aux anciens établissements militaires pour faciliter les enquêtes.

Par ailleurs, l'ONU a proposé de doter la Commission présidentielle pour la paix et les droits de l'homme (Copade) de moyens et d'un rang hiérarchique, dans le but de renforcer juridiquement les tâches de recherche, d'indemnisation et d'exécution des peines internationales en faveur des victimes.