UN rapport d’un groupe d’experts des droits de l’homme formé par les Nations unies a déterminé ce jeudi que le gouvernement du Nicaragua commet depuis 2018 des violations généralisées des droits de l’homme qui constituent des crimes contre l’humanité.
Parmi elles figurent les exécutions extrajudiciaires, les arrestations arbitraires, la torture, la privation arbitraire de nationalité et le droit de rester dans son pays.
Le rapport assure avoir trouvé une série d’exécutions extrajudiciaires perpétrées par des agents de la police nationale et des membres de groupes armés progouvernementaux qui ont agi de manière conjointe et coordonnée lors des manifestations qui ont eu lieu entre le 18 avril et le 23 septembre 2018.
De même, il indique que le Gouvernement nicaraguayen a fait obstacle à toute enquête sur ces décès et d’autres.
« Ces violations et abus sont perpétrés largement et systématiquement pour des raisons politiques et constituent des crimes contre l’humanité de meurtre, d’emprisonnement, de torture, y compris de violence sexuelle, d’expulsion et de persécution à motivation politique », a déclaré l’expert indépendant Jan Simon. « La population nicaraguayenne vit dans la peur des actions que le gouvernement lui-même pourrait prendre contre elle. »
Simon a ajouté que les hautes autorités du Gouvernement ont réussi à instrumentaliser les Pouvoirs Exécutif, Législatif, Judiciaire et Électoral « pour élaborer et mettre en œuvre un cadre juridique visant à réprimer l’exercice des libertés fondamentales et à persécuter les opposants. « L’objectif est d’éliminer, par différents moyens, toute opposition dans le pays. »
Ils demandent l’ouverture d’une enquête
Les experts ont émis une série de recommandations qui devraient être adoptées par le gouvernement nicaraguayen et la communauté internationale afin de « remédier aux violations, abus et crimes documentés ».
Parmi les recommandations au gouvernement nicaraguayen figurent la cessation de la persécution pour des raisons fondées sur des motifs politiques, notamment par la criminalisation et les détentions arbitraires, la privation arbitraire de nationalité et la déportation forcée.
Il suggère également d’entreprendre des enquêtes approfondies, indépendantes et transparentes sur les violations, les abus et les crimes documentés afin que ceux qui ont participé à leur commission, y compris ceux qui ont le plus haut niveau de responsabilité, soient tenus responsables.
De même, il suggère que la réparation intégrale, la réparation et la non-répétition, ainsi que le droit des victimes à connaître la vérité soient garantis.
Concernant la communauté internationale, le groupe d’experts suggère d’engager des poursuites judiciaires contre les individus responsables des violations, abus et crimes documentés, conformément à leur législation nationale, ainsi que d’étendre les sanctions aux institutions et individus impliqués dans la commission des violations. .]et les crimes en droit international.
Le gouvernement nicaraguayen ne s’est pas encore prononcé sur la question, mais il ignorait à l’époque la formation de ce groupe d’experts onusiens composé de Jan-Michael Simon, expert en enquête criminelle et en droit pénal ; l’ancienne procureure colombienne, Ángela María Buitrago ; et le Chilien Alexandro Álvarez, ancien consultant de la CIDH.
Le Nicaragua a également interdit à ces experts d’entrer dans le pays, selon les médias locaux.
Le rapport sera officiellement présenté lundi prochain, le 6 mars, devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève.