Un tribunal vénézuélien a rejeté lundi la demande d'amnistie présentée par le journaliste Rory Branker, privé de liberté depuis près d'un an et récemment libéré.
Bien qu'il ait retrouvé la liberté, la procédure pénale à son encontre reste ouverte et des organisations telles que le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) du Venezuela qualifient la situation d'irrégulière.
Le refus d'accorder l'amnistie est basé sur le fait que Branker a été accusé de crimes présumés de terrorisme, d'association criminelle, de complot avec un gouvernement étranger et de trahison. Ces accusations, considérées comme graves par la juridiction vénézuélienne, excluent Branker des avantages accordés à ceux qui ont bénéficié de la loi d'amnistie, selon le syndicat.
Branker, rédacteur média La Patillaa été arrêté le 20 février 2025 par des responsables du Service national bolivarien de renseignement (Sebin). Il a passé 206 jours sans contact avec sa famille, qui n'a pu le voir qu'en septembre, alors qu'il était encore détenu dans une cellule de police. Sa libération est intervenue le 4 février.

L'application de la loi d'amnistie au Venezuela
L'Assemblée nationale vénézuélienne a indiqué qu'au 26 mars, 8 416 personnes avaient bénéficié d'une liberté totale dans le cadre de la loi d'amnistie. Toutefois, la liste des bénéficiaires reste confidentielle et une incertitude persiste quant aux critères exacts de sélection.
La loi, promulguée en février, vise à réparer les violations des droits de l'homme et couvre une période de 27 ans, depuis 1999. Elle n'accorde l'avantage qu'aux personnes liées à 13 événements survenus au cours de 13 années différentes, et exclut les cas liés aux opérations militaires, à la corruption, aux homicides et aux violations graves des droits fondamentaux.
Le SNTP a dénoncé le caractère « discrétionnaire » de l’application de la loi d’amnistie. Le syndicat de la presse affirme que même si des milliers de personnes ont retrouvé leur liberté, des personnes comme Branker continuent d'être poursuivies pour les mêmes crimes qui excluent automatiquement le licenciement.

Implications pour la liberté d'expression
Pour le syndicat de la presse vénézuélienne et l'organisation Espacio Público, le refus de clôturer le dossier d'un journaliste accusé d'accusations aussi graves représente une utilisation sélective de personnalités juridiques pour limiter le travail d'information. Les deux entités considèrent que le processus manque de garanties et se traduit par une forme de persécution judiciaire contre la presse vénézuélienne.
Le syndicat a averti que l'exclusion de Branker parmi les bénéficiaires reflète la persistance de la persécution et remet en question la protection efficace des droits fondamentaux des journalistes.
« Deux mois après sa libération, il est urgent que l'État vénézuélien abandonne les accusations et mette en place des mécanismes de non-répétition », ont-ils indiqué.