La Bolivie entre dans la dernière ligne droite : le débat présidentiel et la clôture des campagnes marqueront la semaine précédant le second tour

La Bolivie entame cette semaine la dernière ligne droite vers un second tour présidentiel sans précédent qui marquera la clôture d'un cycle politique de plus de deux décennies. Le sénateur Rodrigo Paz, du Parti chrétien-démocrate, et l'ancien président Jorge Tuto Quiroga, de l'alliance Libre, participeront au second tour, prévu le dimanche 19 octobre.

Les deux candidats ont intensifié leur campagne la semaine dernière avec des déploiements dans plusieurs régions du pays et préparent leurs propositions pour le débat présidentiel, organisé par le Tribunal électoral suprême (TSE), qui aura lieu ce dimanche 12 octobre à La Paz.

Des clôtures de campagne sont également en cours. Le PDC prévoit d'organiser une dernière manifestation nationale le mercredi 15 octobre dans la ville de Tarija, dans le sud du pays, tandis que Libre tiendra sa clôture nationale à Santa Cruz de la Sierra, la ville qui lui a donné le plus de voix au premier tour. La semaine dernière, des caravanes et des rassemblements politiques des deux fronts ont eu lieu dans d'autres régions pour consolider la base territoriale de soutien au prochain gouvernement.

Selon le calendrier électoral, à compter du jeudi 16, le silence électoral règne, interdisant les activités de propagande politique, tant dans les médias traditionnels que lors d'événements publics.

Le candidat Jorge Quiroga, après

En parallèle, on attend le débat qui constitue le dernier espace public de confrontation des propositions entre les deux fronts. Le TSE a défini six axes thématiques de discussion : mesures économiques, politiques de confinement social, justice, sécurité juridique et sécurité citoyenne ; santé et éducation, hydrocarbures et lithium et mines, agriculture et tourisme. La réunion devrait durer environ deux heures.

La méthodologie comprend des présentations des candidats, des interventions croisées avec réponses et répliques, et quatre animateurs de chaînes de télévision qui doivent gérer le temps et le contenu de l'espace.

Le contraste avec le débat vice-présidentiel déjà organisé illustre les défis auxquels peut être confrontée la rencontre entre les candidats à la présidentielle, même si les analystes s'accordent à dire qu'elle aura une plus grande rigueur discursive en raison du profil des candidats. La rencontre entre les candidats à la vice-présidence Juan Pablo Velasco, de Libre, et Edmand Lara, du PDC, qui s'est tenue le 5 octobre à Santa Cruz, a été marquée par des attaques personnelles, des accusations de racisme et peu d'espace pour des propositions concrètes.

Les candidats ont déjà confirmé leur présence au débat. Les deux fronts ont signé un engagement avec le TSE pour respecter la méthodologie convenue, qui garantit au moins la présence des deux candidats à la présidence à l'événement.

Rodrigo Paz salue son

Ce second tour représente une rupture au niveau politique : après presque deux décennies d'hégémonie du Mouvement vers le Socialisme (MAS), le pays est confronté à un changement de cap. Aux élections du 17 août, Paz est arrivé en tête avec près de 32% et Quiroga a obtenu la deuxième place avec 27%. Pendant ce temps, le MAS, habitué à obtenir de larges majorités, n'a obtenu que 3% et une représentation marginale au Parlement.

En raison de la crise économique que traverse le pays, les propositions de l'opposition se sont concentrées sur l'urgence de stabiliser l'économie et de contenir l'inflation.

Le pays arrive à ce second tour embourbé dans une crise marquée par le manque de dollars et de carburant et affecté par la hausse soutenue des prix depuis au moins deux ans.

Le président Luis Arce, qui passera le commandement le 8 novembre, attribue la crise à la mauvaise politique des hydrocarbures des administrations précédentes et au « boycott » de l'Assemblée législative, qu'il accuse de « bloquer » les crédits de financement extérieurs, au milieu d'une violente querelle interne du MAS qui a réduit sa gouvernabilité et affaibli le parti au pouvoir.

Le président lors d'un événement

Dans ce contexte, ce second tour en Bolivie déterminera non seulement le nouveau président et le vice-président, mais constituera également un moment crucial pour concevoir un nouveau modèle économique de l'État et reconfigurer le scénario politique après le retrait de la gauche.

La clôture des campagnes et le débat présidentiel seront les derniers moments pour séduire l'électorat indécis, qui selon les sondages représente environ 7% des inscrits dans les registres, et légitimer le prochain gouvernement. Il ne reste que quelques jours au pays pour décider de sa trajectoire.