La mission des Nations Unies au Venezuela a dénoncé un « modèle systématique » d'arrestations aux proches d'adversaires qui cherchent à « générer de la peur et du contrôle social »

Un rapport de la mission internationale indépendante des faits sur le Venezuela de l'ONU a averti que dans le pays, il existe un «modèle soutenu et systématique» d'arrestations des parents d'adversaires, afin d'exercer le contrôle social par peur.

Les arrestations des membres de la famille « de l'opposition ou perçues comme telles (…) ne se limitent pas aux actions individuelles isolées, mais répondent à une politique de répression visant à générer la peur et le contrôle social », a indiqué la mission dans leur rapport.

Les membres de la famille « sont arrêtés comme une forme de représailles ou de pression vers l'opposition ou perçue comme telle, qui est le véritable objectif politique de l'État. Ces actions ont de graves impacts sur les noyaux de la famille, comme un traitement cruel, inhumain ou dégradant, et dans la société en général, en renforçant un climat de peur », a ajouté la mission, créée par l'ONU en 2019.

Le document, qui sera présenté lundi prochain devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, couvre la période entre septembre 2024 et août 2025.

L'alerte du forum criminel de l'ONG

Selon l'opposition vénézuélienne et diverses organisations internationales des droits de l'homme, la répression contre les dirigeants de l'opposition s'est intensifiée des élections présidentielles de juillet 2024, dans lesquelles le Conseil électoral national et la Cour suprême ont proclamé le dictateur Nicolás Maduro pour un nouveau mandat.

Le ministère de la communication et le bureau du procureur général n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires. Pour sa part, le régime considère cette mission des Nations Unies comme un mécanisme «d'agression et d'ingérence» et déclare que le Venezuela est une primauté du droit.

Le rapport s'identifie à un nom et un nom de famille au moins quatre cas de proches des adversaires incarcérés, en plus de « cas enquêts » supplémentaires, dont les identités ont été maintenues dans l'anonymat pour « éviter les représailles contre eux ou contre leur famille ».

La mission note également que « les personnes arrêtées ont été empêchées d'être informées par les défenseurs de leur élection dès le moment de l'appréhension. Les victimes ont été représentées devant les tribunaux par les impôts des responsables de la défense publique ».

Le dictateur du Venezuela, Nicolás

Le Forum criminel des ONG avertit qu'au Venezuela, il y a actuellement au moins 816 prisonniers politiques, dont 89 ont une nationalité étrangère ou une double citoyenneté. La plupart de ces arrestations se produisent après les élections présidentielles du 28 juillet 2024.

L'organisation précise que 720 hommes et 96 femmes restent emprisonnés pour des raisons politiques. Sur le total, 812 sont des adultes et quatre sont des enfants entre 14 et 17 ans.

Ces données renforcent les plaintes d'organisations internationales qui indiquent une aggravation de la répression dans le pays, avec des modèles de persécution qui atteignent à la fois les adversaires et leurs environnements familiaux, nourrissant un climat de peur et une violation systématique des droits de l'homme.

(Avec des informations Reuters)