Le Conseil pour la transition démocratique à Cuba a proposé une réforme constitutionnelle pour éliminer le parti unique

La plateforme d'opposition Conseil pour la transition démocratique à Cuba (CTDC) a lancé lundi une campagne pour parvenir à une réforme constitutionnelle qui mette fin au monopole « civil et politique » du Parti communiste de Cuba (PCC, le seul légal).

Le mouvement, qui tente de chercher les fissures dans le système juridique cubain, a peu de chances de prospérer pour le moment – ​​en raison du contrôle politique de fer du parti unique sur les institutions – mais il se concentre sur la perte de représentativité sociale de la formation.

Selon un communiqué de l’organisation, « la domination imposée du parti unique est le plus grand problème de sécurité nationale de Cuba », c’est pourquoi elle fait appel à un groupe de 21 experts pour réformer l’article 5 de la Constitution de 2019 et promeut un mouvement qui le présente comme une initiative populaire.

« La consécration du PCC comme parti unique institué par l'article 5 de la Constitution, qui perpétue la violence physique et symbolique sur toute une nation, a fini par devenir l'origine structurelle des crises économiques, sociales et humanitaires successives que traverse le pays », ont-ils soutenu.

Une Cubaine accrochant des vêtements sur son balcon se reflète dans une fenêtre décorée d'une affiche du leader cubain Fidel Castro dans la Vieille Havane, Cuba (AP Photo/Dado Galdieri/File)

Selon lui, le parti unique n'est pas « le destin inévitable » de Cuba, mais plutôt « la racine historique et politique de la démoralisation des comportements sociaux, de la perte de direction et de vision de l'État, de la faillite économique accélérée du pays, de la sécheresse et de la dépression culturelles et de la normalisation de la crise humanitaire ».

Le CTDC prévoit que les experts travailleront sur une proposition de réforme qui « sera soumise au peuple cubain pour consultation », sans fournir plus de détails, et appelle à la mobilisation citoyenne pour obtenir les 50 000 signatures nécessaires pour pouvoir la présenter à l'Assemblée nationale du pouvoir populaire (ANPP, corps législatif monocaméral).

À Cuba, il ne suffit pas d'adhérer à une initiative légale populaire, mais il faut au préalable demander un document, la Certification électorale, à la Commission électorale nationale (CEN), une procédure qui n'est pas automatique.

L'ANPP, qui vote toujours à l'unanimité les propositions du gouvernement, ne peut tout simplement pas donner suite à cette initiative populaire sans plus d'explications.