Le gouvernement de Donald Trump a annoncé lundi l'élimination du statut de protection temporaire (TPS) pour le Honduras et le Nicaragua, mettant fin à un programme qui a protégé environ 76 000 immigrants de ces pays d'Amérique centrale depuis plus de 25 ans.
Le secrétaire à la sécurité nationale, Kristi Noem, a fait valoir que le TPS pour les deux pays n'était plus nécessaire, faisant valoir que les conditions s'étaient considérablement améliorées et qu'ils pouvaient recevoir leurs ressortissants. La mesure entrera en vigueur le 6 septembre, après une période de 60 jours depuis sa publication dans le registre fédéral.
La résiliation affectera environ 72 000 Hondurans et 4 000 Nicaraguens qui ont eu accès au statut juridique depuis 1999, selon les avis officiels publiés lundi.

Le Département de la sécurité nationale a justifié la décision en faisant valoir que les deux pays « ne continuent plus de se conformer aux critères de désignation du TPS ». Washington avait initialement accordé cette protection après le passage dévastateur de l'ouragan Mitch en octobre 1998, qui a fait plus de 11 300 morts en Amérique centrale, dont environ 7 000 au Honduras et près de 4 000 au Nicaragua.
Selon le DHS, depuis lors, « il y a eu des améliorations notables » dans les conditions des deux pays qui « permettent le rendement approprié de leurs citoyens ». Le ministère a considéré que le Nicaragua « est un leader croissant du tourisme, de l'écotourisme, de l'agriculture et des énergies renouvelables », tandis que « de nouveaux projets d'infrastructure sont sur le point de transformer le Honduras et de créer des emplois ».

La mesure affecterait particulièrement les immigrants en Floride, où une sur trois des plus d'un million de bénéficiaires des TP aux États-Unis vit, selon un rapport du Congrès. La perte de statut juridique, qui a eu la date limite pour se développer le samedi 5 juillet dernier, représente une menace directe pour des milliers de familles qui ont construit leur vie sur le territoire américain.
Les bénéficiaires du TPS peuvent résider et travailler légalement aux États-Unis tout en restant sous cette protection, qui est examiné et renouvelé périodiquement. L'élimination du programme les rend vulnérables à l'expulsion une fois la période de transition expirée.

Cette décision se produit moins de deux semaines après que l'administration Trump a annoncé la fin du TPS pour environ 521 000 Haïtiens, une mesure qui a été ralentie par un juge fédéral la semaine dernière. En mai, la Cour suprême a autorisé le président Trump à mettre fin à cette protection contre l'immigration pour 350 000 Vénézuéliens.
Trump avait tenté d'éliminer ce statut depuis son premier mandat pour des migrants de pays comme El Salvador, Haïti, le Honduras, le Nicaragua, le Népal et le Soudan, mais les efforts ont été bloqués par les tribunaux fédéraux. Les tribunaux ont maintenu les désignations du TPS lors du mandat précédent du républicain, mais maintenant l'administration se lance ses efforts pour démanteler le programme.
Le TPS a été créé par le Congrès en 1990 pour fournir une protection temporaire aux immigrants des pays qui éprouvent des conflits armés, des catastrophes naturelles ou d'autres circonstances extraordinaires qui empêchent le retour en toute sécurité de ses citoyens.
Le programme pour le Honduras et le Nicaragua représente l'un des plus anciens cas de TPS, ayant été en vigueur depuis plus d'un quart de siècle. Les bénéficiaires ont pu renouveler périodiquement leur statut, permettant aux milliers de familles d'établir des racines profondes aux États-Unis.
L'élimination systématique des TP pour divers pays fait partie de la stratégie d'immigration plus large de l'administration Trump, qui a promis les plus grandes déportations de masse de l'histoire des États-Unis et a converti l'application stricte des lois sur l'immigration en l'une de ses principales priorités politiques.