Le Guatemala est enthousiasmé par la nouvelle loi sur le cinéma : un grand pas en avant qui vise à placer le pays sur le radar international

Une nouvelle avancée législative pourrait transformer le panorama des arts visuels au Guatemala, avec l'approbation imminente d'un Droit du cinéma qui promet de renforcer la production nationale et de professionnaliser le secteur.

Le débat actuel se concentre sur le mécanisme de financement, puisque la proposition prévoit que les ressources initiales proviendraient d'une taxe imposée aux voyageurs qui entrent dans le pays par voie aérienne, une mesure qui a suscité des résistances dans les secteurs du tourisme et du transport aérien.

L'initiative a déjà passé deux des trois débats requis au Congrès guatémaltèque, un événement sans précédent pour le secteur audiovisuel du pays.

Selon Joaquín Ruano, président de l'Association guatémaltèque de l'audiovisuel et du cinéma, le projet est le résultat « d'un effort soutenu de plusieurs générations de cinéastes depuis 2007 » qui, après plusieurs tentatives infructueuses, a finalement réussi à avancer dans le processus législatif.

Le texte légal envisage la création d'un Institut du Cinéma qui centraliserait la gestion de l'industrie et donnerait naissance à de nouvelles unités et orientations, couvrant tout, depuis la production jusqu'à la conservation du patrimoine cinématographique.

En outre, la création d'une cinémathèque nationale est prévue, tant sous forme physique que numérique, dans le but de sauvegarder la mémoire audiovisuelle du Guatemala.

AME1137. GUATEMALA CITY (GUATEMALA), 04/08/2026.- Le président de l'Association guatémaltèque de l'audiovisuel et du cinéma (Agacine), Joaquín Ruano, s'exprime lors d'un entretien avec EFE, le 19 mars 2026, à Guatemala City (Guatemala). Le cinéma guatémaltèque entend faire un saut qualitatif avec une nouvelle loi qui promeut les arts visuels et qui est sur le point de devenir une réalité au Congrès, même si son financement, qui viendrait du tourisme, a suscité le ressentiment de divers secteurs comme l'industrie aérienne. EFE/Alex Cruz

La proposition promeut également la création d'un Fonds de promotion du cinéma, qui permettrait de financer des projets à toutes les étapes, depuis l'écriture du scénario jusqu'à la post-production. L'objectif est que le cinéma guatémaltèque cesse de dépendre exclusivement de l'effort individuel et ait une politique d'État qui le reconnaisse comme une industrie génératrice de développement.

Le Droit du cinémaen établissant des incitations pour attirer les productions étrangères, cherche à ce que le Guatemala soit compétitif dans des conditions similaires à celles du Costa Rica ou de la République dominicaine, des pays qui disposent déjà de cadres juridiques solides et ont atteint une plus grande projection internationale.

Polémique sur le plan de financement

Le point le plus controversé du règlement concerne la manière de financer le nouvel institut. Le projet initial prévoit d'allouer trois dollars pour chaque touriste arrivant dans le pays par voie aérienne au développement du cinéma national. Cette proposition a conduit au rejet de secteurs tels que l'Association des compagnies aériennes guatémaltèques et la Chambre de tourisme.

Motty Rodas, directeur exécutif de l'Association des compagnies aériennes guatémaltèques, a déclaré que, même si elle soutient le développement du cinéma, elle considère que « le transport aérien n'est pas le bon canal » pour collecter des fonds.

Rodas a noté que l'Organisation de l'aviation civile internationale recommande de limiter les frais sur les billets d'avion aux services strictement liés aux opérations ou au transport aéroportuaires.

AME1137. GUATEMALA CITY (GUATEMALA), 04/08/2026.- le directeur exécutif de l'Association guatémaltèque des compagnies aériennes, Motty Rodas, s'exprime lors d'un entretien avec l'EFE, le 20 mars 2026, à Guatemala City (Guatemala). Le cinéma guatémaltèque entend faire un saut qualitatif avec une nouvelle loi qui promeut les arts visuels et qui est sur le point de devenir une réalité au Congrès, même si son financement, qui viendrait du tourisme, a suscité le ressentiment de divers secteurs comme l'industrie aérienne. EFE/Alex Cruz

Les organisations du secteur du tourisme et du transport aérien ont averti que cette mesure pourrait affecter la compétitivité de la destination Guatemala et contrevenir aux réglementations internationales. Dans ce contexte, Ruano a évoqué la possibilité de modifier le modèle de financement, en l'orientant vers des systèmes d'accréditation ou des incitations fiscales, comme cela se produit dans d'autres pays de la région.

Incitations et engagements en faveur de la professionnalisation locale

Pour les promoteurs de la loi, sa portée dépasse la protection du cinéaste. Pamela Guinea, partenaire fondatrice de l'Académie guatémaltèque du cinéma, estime que la législation peut devenir un outil de création d'emplois et de relance économique. La Guinée a indiqué avoir maintenu le dialogue avec diverses entités pour ajuster la réglementation et garantir qu'elle profite à la fois aux créateurs et à l'économie nationale.

Le régime d'incitations prévu pourrait attirer des productions internationales et, avec lui, un plus grand afflux de devises étrangères et la professionnalisation des techniciens et artistes guatémaltèques. Le fonds de promotion permettrait à des projets de différents genres et scènes de trouver un soutien institutionnel, générant ainsi de nouvelles opportunités pour les cinéastes émergents.

CHRONIQUE D'ACCOMPAGNEMENT: GUATEMALA CINEMA AME1109. GUATEMALA CITY (GUATEMALA), 04/08/2026.- la cinéaste et membre fondateur de l'Académie guatémaltèque du film, Pamela Guinée, pose lors d'un entretien avec l'EFE le 19 mars 2026, au Centre culturel d'Espagne, à Guatemala (Guatemala). Le cinéma guatémaltèque entend faire un saut qualitatif avec une nouvelle loi qui promeut les arts visuels et qui est sur le point de devenir une réalité au Congrès, même si son financement, qui viendrait du tourisme, a suscité le ressentiment de divers secteurs comme l'industrie aérienne. EFE/ Mariano Macz

Attentes et défis face à l’approbation finale

Si le Droit du cinéma reçoit l'approbation finale du Congrès, le Guatemala pourrait rejoindre le groupe des pays d'Amérique centrale dotés d'une politique audiovisuelle globale. Le pays, qui a vu émerger des personnalités comme Jayro Bustamante ou César Díaz, cherche à consolider une industrie capable d'être compétitive sur le marché international et de préserver sa mémoire culturelle à travers le cinéma.

L'attente des cinéastes et des promoteurs de la loi est que le dialogue et les amendements permettront de surmonter les obstacles au financement.