Le rapport indique qu'au moins 26 groupes criminels opèrent dans la zone minière du Venezuela

Au moins 26 groupes armés organisés (GAO), dirigés par l'Armée de libération nationale (ELN) et les dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), sont présents dans les États vénézuéliens d'Amazonas, Bolívar et Delta Amacuro, où se trouve l'Arc minier de l'Orénoque, selon une étude réalisée par SOS Orénoque et la Fondation pour une procédure régulière.

L'enquête, basée sur des sources ouvertes et qui couvre la période 2022-2026, identifie l'État de Bolívar, dans le sud du pays, comme « le principal noyau d'activité criminelle », où les guérilleros colombiens et différents gangs locaux « exercent une domination ciblée sur des enclaves stratégiques d'extraction d'or ».

Le rapport souligne que les GAO « ne fonctionnent pas uniquement comme des organisations dédiées à des activités illicites, mais comme des structures de gouvernance de facto qui régulent la vie économique et sociale de vastes zones du territoire ».

« Les preuves recueillies indiquent l’existence d’un système de gouvernance criminelle hybride caractérisé par différents niveaux de tolérance, de coexistence, de facilitation et de collaboration présumée entre les acteurs étatiques et les organisations armées », affirment-ils.

Les ONG soulignent que les responsables civils et militaires vénézuéliens favorisent les actions des différents groupes criminels qui opèrent dans le sud du pays.

Après avoir noté que les responsables civils et militaires favorisent les actions du GAO et l’exploitation illégale des ressources minérales, ils préviennent que dans la région il y a « une perte institutionnelle progressive de territoire, dans laquelle la corruption, la violence, les économies illicites et la dégradation de l’environnement font partie du même système de gouvernance ».

La publication de l'analyse de SOS Orinoco et de la Fondation pour une procédure régulière coïncide avec l'annonce de l'assassinat, mardi 11 août, du capitaine indigène Julio Rodríguez, enlevé par des membres des dissidents des FARC dans la ville de Mapoyo, dans l'État de Bolívar, selon les porte-parole de la communauté.

L’enquête indique que bien que l’exploitation illégale de l’or soit la principale source de revenus du GAO, il existe une « diversification criminelle » avec « des économies secondaires, mais très rentables : trafic de drogue et d’armes, extorsion généralisée des commerçants et fléau alarmant, trafic d’êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle dans et autour des camps miniers ».

« Les GAO les plus présents parmi les différents États et municipalités du sud du Venezuela étaient l'ELN et les FARC, présents dans 16 des 21 municipalités (76,1% du total) », explique-t-il, tout en faisant état des « alliances commerciales » de ces groupes avec les méga-gangs brésiliens Comando Vermelho et Familia do Norte.

La guérilla de l’ELN a noué des alliances avec des bandes criminelles brésiliennes pour opérer sur le territoire vénézuélien.

Ils affirment que « les archives qualitatives de l'ELN cartographient son réseau transnational le reliant explicitement au Commandement Rouge et à la Familia do Norte au Brésil, opérant comme prestataires de logistique et de protection sur les routes de sortie de l'or et des stupéfiants ».

SOS Orinoco et la Foundation for Due Process soulignent qu’« aucune organisation criminelle ne peut opérer durablement dans le sud sans interagir avec les forces armées nationales », alors que l’armée déploie des points de contrôle dans la région et réglemente l’approvisionnement en carburant et « éventuellement l’accès au mercure ».

« Le GAO aurait le contrôle de la main-d'œuvre et l'extraction directe dans les mines, tandis que les militaires se positionneraient au-dessus, réglementant qui opère et imposant des péages pour la sortie du minerai et l'entrée des intrants stratégiques. Si un groupe devient insubordonné, la FANB active sa capacité de contrôle à travers des opérations militaires », décrivent-ils.

Sur la base de ces conclusions, ils soulignent que « toute stratégie visant à rétablir l’État de droit nécessitera non seulement des actions sécuritaires contre les groupes armés, mais également de profondes réformes institutionnelles ».