Les anciens présidents ibéro-américains ont dénoncé les ingérences militaires et les menaces contre les autorités électorales du Honduras

Un groupe de 32 anciens chefs d'État et de gouvernement réunis au sein de l'Initiative démocratique d'Espagne et des Amériques (Groupe IDEA) a exprimé jeudi son inquiétude face à la situation électorale au Honduras et a dénoncé les menaces contre les responsables du système électoral, ainsi que l'intervention des instituts militaires dans le processus précédant les élections présidentielles prévues ce dimanche.

La déclaration, signée par des personnalités telles que Mariano Rajoy (Espagne), Felipe Calderón (Mexique), José María Aznar (Espagne), Laura Chinchilla (Costa Rica), Álvaro Uribe (Colombie) et Mauricio Macri (Argentine), prévient que les conditions pour la tenue d'élections « libres et équitables » sont « sérieusement remises en question ».

Selon le communiqué, « les responsables électoraux sont victimes de menaces », en plus des « accusations contre les magistrats du Tribunal de justice électorale ».

Le groupe IDEA a souligné l’existence d’un « état d’exception constitutionnel » et a pointé « l’ingérence dans le processus électoral de l’état-major général des forces armées ».

Les candidats aux élections

Le groupe a souligné que, selon la Charte démocratique interaméricaine, les pays ont l'obligation de « mener et garantir des processus électoraux libres et équitables », un droit qui, selon les anciens dirigeants, n'est pas pleinement respecté au Honduras.

L'avertissement du Groupe IDEA rejoint l'appel du vice-chancelier nord-américain, Christopher Landau, qui a exhorté l'Organisation des États américains (OEA) à exiger « un processus électoral exempt d'intimidation, de fraude et d'ingérence politique ».

La pression internationale répond aux plaintes croisées entre le parti au pouvoir et l'opposition concernant l'impartialité du processus, motivées par les enquêtes ouvertes par le parquet contre de hauts responsables électoraux et par la participation des militaires à des fonctions en dehors de leurs pouvoirs.

Parallèlement, le président des États-Unis, Donald Trump, est intervenu dans la campagne électorale du Honduras avec une déclaration demandant aux citoyens de soutenir le candidat du Parti national, Nasry Asfura.

Le sous-secrétaire d'État de

Trump a publiquement souligné que les rivaux d'Asfura représentaient « l'avancée communiste » et a accusé l'opposition d'entretenir des alliances avec des dictateurs comme Nicolás Maduro.

Le Groupe IDEA a demandé que les instances du Système interaméricain et la communauté internationale « soient alertes et vigilantes face à cette nouvelle dérive qui menace l’un des éléments essentiels de l’expérience démocratique dans la région ». Parmi les signataires figurent également d'anciens présidents tels que Vicente Fox (Mexique), Guillermo Lasso (Équateur) et Jorge Tuto Quiroga (Bolivie).

Le climat politique au Honduras est marqué par une histoire de processus électoraux conflictuels. Plus de six millions de citoyens ont le droit de voter aux urnes le 30 novembre, lors des élections qui détermineront le successeur de Xiomara Castro, dont le mandat se termine le 27 janvier 2026.

L'offre électorale comprend Nasry Asfura, un homme d'affaires au profil conservateur ; Rixi Moncada, ancien responsable du gouvernement et candidat du parti de gauche Libre ; et Salvador Nasralla, journaliste et leader du Parti libéral, qui malgré ses positions de centre-droit n'a pas l'approbation de Washington.

Le Groupe IDEA a exhorté

Dans ce scénario, les alertes internationales placent la transparence et les garanties du processus démocratique au Honduras au centre du débat.

Des observateurs de l'OEA et de différentes organisations régionales déploieront des équipes pour surveiller le jour du scrutin, dans un contexte de tensions institutionnelles et de plaintes concernant l'intervention du pouvoir militaire et judiciaire dans les décisions du conseil électoral.