Les contributions de la communauté internationale après le double tremblement de terre au Venezuela s'élèvent à 780 millions de dollars

Quinze jours après le double sismique qui a secoué le Venezuela, l'aide internationale offerte au pays dépasse les 780 millions de dollars, dont près de la moitié provient des États-Unis, selon un premier bilan basé sur des données publiques de l'ONG Transparencia Venezuela.

Les Nations Unies ont estimé dans un premier bilan que les dégâts matériels provoqués par les séismes de mercredi 24 juin ont atteint 6,7 milliards de dollars. Les économistes locaux estiment que la reconstruction pourrait nécessiter un investissement de plus de 13 milliards de dollars.

Le bilan officiel publié mercredi par le gouvernement du président par intérim Delcy Rodríguez dénombre 3.811 morts, 16.740 blessés, 17.907 personnes sans logement, 856 bâtiments touchés et 190 autres effondrés.

La totalité de ces 780 millions de dollars n’est pas arrivée ou n’est pas en route vers le Venezuela. Dans certains cas, il s’agit d’annonces en attente de concrétisation.

Ils vont d'un fonds initial de 200 millions de dollars avec les ressources dont le pays dispose dans le Fonds monétaire international, à l'argent promis par la Croix-Rouge internationale, le Programme alimentaire mondial, l'Organisation panaméricaine de la santé et l'Agence chinoise de coopération internationale, pour ne citer que des exemples.

Le principal contributeur est les Etats-Unis avec 386 millions de dollars, selon cette analyse. L’aide a consisté en « un déploiement militaire multi-agences, des équipes de secours USAR de plusieurs comtés du pays, un transport aérien humanitaire et un financement exécuté par l’intermédiaire de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de l’UNICEF, de l’Organisation internationale pour les migrations et du Programme alimentaire mondial, ainsi que de six ONG internationales », détaille le rapport.

PHOTO DE DOSSIER – Des machines lourdes travaillent pour collecter les débris après les tremblements de terre du 24 juin à La Guaira (Venezuela), le 8 juillet 2026. REUTERS/Pablo Sanhueza

Le chargé d'affaires des États-Unis à Caracas, John Barrett, a souligné que son gouvernement a alloué un budget de plus de 310 millions de dollars pour faire face à la crise déclenchée par le double événement sismique, soulignant qu'il s'agit de « la plus grande réponse humanitaire de l'histoire du Venezuela ».

À ce jour, 43 États, 69 organisations internationales, dix entreprises et autant de particuliers ont été identifiés comme donateurs. La liste comprend, entre autres, le propriétaire de la société espagnole Inditex, Amancio Ortega, et le président du Real Madrid, Florentino Pérez, qui ont annoncé qu'ils contribueraient respectivement à hauteur de 3,2 millions et 1 million de dollars.

Transparency Venezuela a lancé cette initiative pour garantir la bonne utilisation de ces ressources. « Nous espérons que le Venezuela reçoive beaucoup d'aide internationale. Cette aide doit exiger que, de la réception jusqu'à la livraison au bénéficiaire et l'évaluation des résultats, tout soit transparent, avec participation et contrôle des citoyens », souligne l'ONG.

PHOTO DE DOSSIER- Les équipes de secours transportent un sac contenant le corps d'une victime parmi les décombres d'un immeuble, après les tremblements de terre du 24 juin, à La Guaira (Venezuela), le 8 juillet 2026. REUTERS/Pablo Sanhueza

« Notre expérience pendant la pandémie a été frustrante de voir que l'ONU n'a pas publié l'information avec deux arguments : 1. Son devoir était de transmettre l'information au gouvernement, et 2. L'ONU a son propre système de surveillance. Ce fut le cas dans le cas de l'achat et de l'installation d'équipements pour la chaîne du froid : nous n'avons jamais su où ils l'avaient installé », rappelle l'organisation à propos de la dernière urgence subie.

L’ONG soutient que « la reconstruction physique, la prise en charge des victimes et la consolidation de l’État de droit doivent avancer de manière coordonnée » au Venezuela, un pays qui, avant le double sismique, avait à l’ordre du jour une transition démocratique.