Le gouvernement des États-Unis a assuré ce vendredi que les accusations portées par la justice nicaraguayenne contre Mgr Rolando Álvarez, critique du président Daniel Ortega, « sont infondées » et constituent une « violation manifeste des droits de l’homme et de l’État de droit ».
Interrogé sur l’affaire, le Département d’État a souligné que ces derniers mois, « le régime » a continué d’envoyer des prêtres et des laïcs en prison, et a forcé et même des Sœurs de la Charité de Mère Teresa.
Álvarez, 56 ans et actuel évêque de Matagalpa et administrateur apostolique d’Estelí, le 10 janvier après avoir été accusé des crimes présumés d’association de malfaiteurs et de propagation de fausses nouvelles au détriment de l’État.
La juge Gloria María Saavedra Corrales, chargée du dossier de l’évêque, a maintenu la mesure conservatoire d’assignation à résidence.
Le Département d’État a réitéré que les États-Unis et les membres de la communauté internationale ont pris des mesures pour promouvoir la responsabilité des actions du régime Ortega-Murillo et continueront de le faire.
« Nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle de Mgr Álvarez et de tous les autres prisonniers politiques injustement détenus », a ajouté le département d’État.
Plus de 15 poursuites pénales contre des prêtres en 2022
Le gouvernement nicaraguayen a commencé l’année 2023 en interdisant différentes activités religieuses dans le pays et en accélérant les poursuites judiciaires contre les prêtres, les organisations et les laïcs qui ont dénoncé le
Or, l’année 2022 a été marquée par plus de 140 attentats contre les prélats et l’institution qu’ils représentent et 15 poursuites pénales ont été ouvertes contre des prêtres de l’Église catholique, selon par la Nicaraguayenne Martha Patricia Molina, de l’Observatoire pour la transparence et la lutte contre la corruption.
Le gouvernement Ortega a qualifié l’Église catholique de « comploteur de coup d’État » pour avoir hébergé des manifestants dans des temples lors de manifestations antigouvernementales en 2018, ce qui selon les organisations de défense des droits de l’homme.
Ortega, qui est au pouvoir depuis plus de 15 années consécutives, a également qualifié les prêtres de « faux prophètes » pour lui avoir demandé de mettre fin aux violations des droits humains.