L'Observatoire cubain des droits de l'homme a répondu à l'ONU : « La misère est due à l'échec du système politique et économique communiste »

L'Observatoire cubain des droits de l'homme (OCDH) a répondu à Alena Douhan, rapporteuse spéciale de l'ONU, qui a dénoncé les « répercussions négatives » des sanctions contre l'île.

Dans une lettre envoyée au rapporteur, l'OCDH a exprimé que « la misère que connaît Cuba aujourd'hui est due à l'échec du système politique et économique communiste, et non aux mesures d'autres pays ».

Dans la lettre adressée à Douhan, après sa visite à Cuba, l'observatoire souligne que seulement 3% des Cubains attribuent leurs problèmes à l'embargo américain, tandis que la désapprobation de la gestion économique et sociale du régime cubain est d'environ 92%.

Ces données proviennent de la VIIIe Etude sur l'état des droits sociaux à Cuba, dont les résultats, publiés en septembre, placent l'extrême pauvreté à 89%, a rappelé l'OCDH.

« Le gouvernement cubain a donné la priorité à la construction d'hôtels et non d'hôpitaux. Pourquoi l'embargo n'affecte-t-il pas ces activités, alors qu'il affecte, selon le gouvernement cubain, l'achat de fournitures médicales et de nourriture aux États-Unis ou dans d'autres pays ? » » a demandé l’organisation dans la lettre.

Les passants passent devant un

Il a ensuite indiqué que le système de santé cubain « est sur le point de s’effondrer parce que l’État donne la priorité à la capture des devises étrangères et à la propagande internationale plutôt qu’aux besoins réels de sa population ».

« Par exemple, le commerce lucratif de l'exportation de services médicaux, en plus de violer les droits humains du personnel de santé participant, a également porté préjudice aux soins médicaux de la population, en réduisant le nombre de professionnels, notamment dans les soins primaires », a dénoncé l'OCDH, qui a également rappelé l'entreprise BioCubaFarma, axée sur l'exportation de médicaments.

Dans un autre ordre, l'organisation a rappelé à Douhan que la dictature de Miguel Díaz-Canel refuse la possibilité de visiter Cuba, « à plusieurs reprises », aux rapporteurs des Nations Unies « liés à des questions de liberté d'expression, d'association, de détentions arbitraires, de condamnations et d'exécutions extrajudiciaires, de défenseurs des droits de l'homme ou d'esclavage moderne, entre autres ».

Enfin, il a insisté pour que le rapport que la rapporteuse spéciale présentera au Conseil des droits de l'homme en septembre 2026 inclue les opinions de ses collègues de l'ONU et d'autres acteurs démocratiques cubains, à l'intérieur et à l'extérieur de l'île.

Des médecins cubains brandissent des drapeaux cubains

L'économie cubaine traverse une crise sans précédent, marquée par une inflation incontrôlée, l'effondrement de secteurs clés et l'appauvrissement accéléré de la population.

Au centre de ce scénario se trouve le Grupo de Gestión Empresarial SA (GAESA), une entité militaire qui, selon l'analyse présentée par Emilio Morales -président et PDG de Havana Consulting Group- à la conférence ASCE 2025 « Recovering Cuba », contrôle plus de 70 % de l'économie et 95 % des finances nationales, reléguant le gouvernement civil à un rôle purement décoratif.

La Banque centrale de Cuba, qui devrait être l’organe directeur de la politique financière, fonctionne entièrement en subordination aux intérêts de GAESA.

Le 19 octobre, le marché informel cubain a enregistré un nouveau record du prix du dollar, qui a atteint 472 CUP, tandis que l'euro s'est établi à 525 CUP. Cette dépréciation accélérée de la monnaie nationale reflète la gravité de la crise et son impact direct sur la vie quotidienne des Cubains, qui voient l'inflation éroder leur pouvoir d'achat et multiplier la pauvreté.

La pénurie de dollars, provoquée par la baisse des envois de fonds et du tourisme, ainsi que par la diminution de la production nationale et l'augmentation de la dette extérieure, ont laissé le pays pratiquement paralysé.

Un homme conduit une charrette

Le rapport, publié par l'ONG Cuba Siglo 21, identifie GAESA comme le principal responsable de la débâcle de l'inflation. Son contrôle absolu sur les finances et l'économie a empêché l'adoption de réformes structurelles et a favorisé des prises de décision orientées vers des intérêts particuliers, au détriment des besoins stratégiques du pays.

Parmi les mesures qui ont aggravé la crise, se distinguent la création de magasins en monnaies librement convertibles (MLC), la mise en œuvre de la Tâche d'Ordonnance Monétaire et l'interdiction des dépôts en dollars dans les banques nationales. Ces actions, loin de stabiliser l’économie, ont déclenché une spirale inflationniste que le régime n’a pas pu contenir.

La Tâche d’Ordonnancement Monétaire, lancée le 1er janvier 2021 dans le but d’éliminer la dualité monétaire, s’est révélée contre-productive. Une semaine après sa mise en œuvre, le dollar s'échangeait déjà à 50 CUP, anticipant la dévaluation massive qui viendrait plus tard. L'augmentation des salaires décrétée dans ce contexte n'a pas compensé la hausse des prix des biens et services essentiels, ce qui a aggravé la situation des familles cubaines. Le document souligne que l'absence d'une réforme productive et l'absence d'une politique de libéralisation des prix ont transformé cette mesure en une erreur stratégique de grande ampleur.