Lula a affirmé qu'il se rendrait à l'Assemblée générale de l'ONU pour dire à Trump de « ne pas s'immiscer » dans les élections brésiliennes.

Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a déclaré mercredi soir qu'il se rendrait à l'Assemblée générale des Nations Unies pour dire au président américain, Donald Trump, de ne pas intervenir dans les élections brésiliennes d'octobre, au cours desquelles il briguera sa réélection. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Brasilia et Washington sur les droits de douane, la sécurité et les critiques américaines à l'égard de la lutte contre le crime organisé.

« Je vais à la réunion de l'ONU pour discuter avec Trump et lui dire : ne vous mêlez pas des élections brésiliennes », a déclaré Lula lors d'un événement de campagne à Ceilândia, un quartier populaire de Brasilia. Le président brésilien prévoit de prononcer son discours mardi prochain à New York, où il pourrait rencontrer Trump, même si pour l'instant aucune réunion bilatérale spécifique n'est prévue entre les deux présidents.

Le secrétaire aux Affaires politiques multilatérales du ministère brésilien des Affaires étrangères, Carlos Bicalho Cozendey, a souligné qu'« aucune rencontre bilatérale spécifique n'est prévue » entre Lula et Trump. Toutefois, les deux présidents se rencontreront probablement lors de l’Assemblée générale, comme cela s’est produit en 2025, car leurs discours sont programmés successivement.

Le voyage de Lula à New York aura lieu à quelques semaines des élections présidentielles brésiliennes et dans un contexte de fortes tensions entre Brasilia et Washington. Le président brésilien soutient que les mesures adoptées par les États-Unis contre les produits en provenance de son pays constituent une forme de pression sur le Brésil dans le contexte électoral.

Les États-Unis ont imposé deux séries de droits de douane sur les produits brésiliens en juillet, mesures que Lula a publiquement remises en question. Le différend commercial s'est ajouté à d'autres désaccords entre les deux gouvernements, notamment les critiques américaines à l'égard de la politique brésilienne contre le crime organisé.

  Le président brésilien prévoit de prononcer son discours mardi prochain à New York, où il pourrait rencontrer Trump, même si pour l'instant aucune réunion bilatérale spécifique n'est prévue entre les deux présidents (PE)

Trump a de nouveau exprimé mercredi son inquiétude quant à la lutte contre les organisations criminelles au Brésil dans un document transmis au Congrès américain. Le président républicain a remis en question les actions du gouvernement Lula contre le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), deux des principales organisations criminelles du pays et considérées comme terroristes par les États-Unis.

L'objectif sera de montrer que le Brésil adopte des mesures contre le crime organisé et, en même temps, de défendre la position de Brasilia contre toute intervention extérieure. La sécurité publique occupe l'une des principales places dans la campagne électorale brésilienne de cette année.

Le sénateur Flávio Bolsonaro, principal rival de Lula dans la course à la présidence et fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, défend une politique plus dure contre les organisations criminelles. Parmi ses propositions figurent le durcissement des sanctions et la déclaration du PCC et du Commandement rouge comme organisations terroristes.

Lula a également lié les tensions avec les États-Unis aux efforts des membres de la famille Bolsonaro auprès du gouvernement Trump. Lors de la campagne électorale à Brasilia, le président brésilien a déclaré : « Le Brésil n'accepte pas quelqu'un qui brandit le drapeau national pendant la journée et se rend aux États-Unis la nuit. »

Le sénateur Flávio Bolsonaro, principal rival de Lula dans la course à la présidence et fils aîné de l'ancien président Jair Bolsonaro, défend une politique plus dure contre les organisations criminelles (REUTERS)

Les relations entre Brasilia et Washington se sont détériorées à partir de 2025, lorsque les États-Unis ont appliqué des mesures commerciales contre le Brésil en représailles à la procédure judiciaire engagée contre Jair Bolsonaro dans l'affaire liée à une tentative de coup d'État. Lula a ensuite accusé la famille Bolsonaro de promouvoir des mesures contre son gouvernement à Washington.

En parallèle, Lula compte profiter de sa présence à New York pour défendre la souveraineté nationale et remettre en question les actions des principales puissances au sein des Nations Unies. Le président brésilien a qualifié les dirigeants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni – de « lâches » pour leurs actions dans les conflits armés.

Lula prévoit également de rencontrer le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, pour discuter d'une réforme de l'organisation. Guterres affronte sa dernière année à la tête des Nations Unies.

Le président brésilien se rendra dimanche à New York et y restera pendant l'Assemblée générale. En outre, il pourrait rencontrer lundi le maire de New York, Zohran Mamdani, même si cette activité n'a pas encore été confirmée.