En 2022, El Salvador a mis en œuvre une réforme substantielle de sa législation en matière de transplantation, sanctionnant la Loi spéciale sur les transplantations de cellules, tissus et organes humainsqui établit un modèle d'équité pour l'accès à ces procédures sans distinctions économiques ou sociales, et prévoit une réduction significative des coûts étatiques associés.
Cette nouvelle réglementation, en plus de permettre le don des personnes décédées, a créé le Centre National de Transplantation (CNT), un organisme autonome lié au Système National Intégré de Santé (SNIS), chargé de superviser et de réguler le respect de la loi.
Avant l'entrée en vigueur de cette loi, le système de santé salvadorien ne procédait qu'aux dons de personnes vivantes, limitant l'offre aux cas où un donneur en bonne santé abandonnait un rein.
Depuis lors, la possibilité de prélever des organes sur des donneurs décédés permet des interventions plus diverses et élargit les options de transplantation d'organes vitaux tels que le cœur, le foie, les poumons et la cornée, à l'instar des modèles existants dans d'autres pays.

Le système précédent présentait des déficiences structurelles, comme l'indiquait son approbation : la liste d'attente pour les greffes manquait de corrélation et permettait des modifications arbitraires, favorisant les patients disposant de plus de ressources ou d'influence.
En outre, la sanction infligée à ceux qui ne fournissaient pas d'informations claires sur l'extraction d'organes, y compris un rein, variait entre un et 20 salaires minimum, la même que celle appliquée en cas de non-information à l'autorité compétente.
Avec la nouvelle législation, la promotion du don volontaire et non rémunéré d’organes, de tissus et de cellules est une priorité, articulant cet acte comme une contribution altruiste visant à accroître la disponibilité et à offrir la possibilité de sauver des vies.
Le CNT, quant à lui, assume des responsabilités de surveillance avec des inspections périodiques dans tous les établissements autorisés aux greffes, garantissant que les pratiques médicales sont conformes aux normes établies et évitant ainsi la répétition de comportements irréguliers.
Concernant les organes qui nécessitent une plus grande complexité pour le don et la transplantation, il a expliqué que la majorité, comme le cœur et le foie, doivent provenir de donneurs décédés, ce qui n'était pas possible localement jusqu'à la réforme législative.
Il précise également que chaque greffe présente ses propres difficultés selon le tissu ou l'organe : « Aujourd'hui, le rein est retiré par laparoscopie, ce qui signifie moins d'invasion chirurgicale et une récupération plus rapide pour le donneur. » En comparaison, la plupart des organes restants doivent provenir de personnes décédées.

Concernant les critères médicaux du don d'organes après le décès, le directeur du CNT a souligné qu'il n'existe pas de profil unique : tout dépend de la cause du décès et de l'état de santé général du donneur potentiel. Il a toutefois souligné des restrictions claires : « ceux qui souffrent de maladies chroniques graves comme le diabète ou l'hypertension incontrôlée, ni ceux qui souffrent d'infections transmissibles, comme l'hépatite, le VIH ou la tuberculose, peuvent être donneurs ».
Ainsi, une personne pourrait être éligible si elle décède de causes traumatiques, telles que des blessures par balle ou des accidents de la route, à condition que les organes vitaux restent intacts. Le profil approprié serait quelqu'un qui ne souffre pas de maladies chroniques ou d'infections contagieuses, afin de ne pas faire courir de risque au receveur.
El Salvador, avec cette réforme, cherche à égaler les normes internationales en matière de don et de transplantation, en établissant des contrôles plus stricts, en renforçant la représentativité des patients dans les organismes de réglementation et en établissant un organe de surveillance autonome pour agir de manière transparente et équitable.