Au moins 22 prisonniers politiques ont été libérés ce mercredi au Venezuela, selon une vérification effectuée par l'organisation non gouvernementale Foro Penal, qui a indiqué que le processus de libération est encore en cours et que d'autres libérations sont encore attendues dans les centres de détention de différentes régions du pays.
Les libérations de ce mercredi ont eu lieu dans au moins cinq centres de détention. Quatorze personnes ont été libérées du centre pénitentiaire d'Aragua, connu sous le nom de Tocorón. Quatre ont quitté le centre de détention judiciaire Rodeo II, dans l'État de Miranda. Deux personnes ont retrouvé leur liberté au centre pénitentiaire Yare III, également à Miranda. À cela s'ajoutent un communiqué du « Centre de formation de l'homme nouveau El Libertador », connu sous le nom de Cárcel Fénix, dans l'État de Carabobo, et un autre d'un siège de la police nationale bolivarienne à La Yaguara, à Caracas.
Parmi les cas confirmés figure celui du journaliste Rory Daniel Branker, détenu arbitrairement depuis le 20 février 2025. Gonzalo Himiob, vice-président du Forum pénal, a rapporté que l'organisation avait reçu des informations sur sa libération.

« Au Forum pénal, nous avons reçu des informations selon lesquelles le journaliste Rory Daniel Branker, arbitrairement détenu depuis le 20/02/2025, avait déjà été libéré », a-t-il indiqué.
La libération de Branker a également été confirmée par le Syndicat national des travailleurs de la presse, qui a indiqué que ses proches avaient reçu un appel dans l'après-midi avec la notification officielle. Le syndicat rappelle que le communicateur a été détenu pendant onze mois et quinze jours.
D'autres organisations soutenant les proches des détenus politiques ont fait état de libérations survenues spécifiquement à Tocorón et à Yare III.
Le Comité pour la liberté des prisonniers politiques a confirmé le départ d'Eduak Leonardo Ramírez et Edwuar López Hernández de Tocorón, ainsi que celui de Fernando Luis Brombin Romero de Yare III, et a indiqué que le processus de vérification se poursuit pour confirmer de nouveaux noms.
Les libérations de ce mercredi s'inscrivent dans le processus annoncé par le régime vénézuélien le 8 janvier, lorsqu'il a été annoncé le début d'un programme de libération dans le cadre de ce que le chavisme a défini comme un « nouveau moment politique ».

Selon le bilan actualisé du Forum Pénal, ce mercredi matin, 350 libérations de prisonniers politiques ont été vérifiées depuis début janvier. Ce décompte est réalisé en parallèle avec les chiffres publiés par le chavisme, qui ont proposé des chiffres différents et affirment que le processus aurait commencé en novembre.
Dans son dernier bulletin, fixé au 2 février, l'ONG dénombrait 687 prisonniers politiques à travers le pays. Sur ce total, 600 sont des hommes et 87 sont des femmes. Le Forum pénal a également précisé que 505 des personnes détenues sont des civils et 182 sont des militaires.
L'organisation a réitéré que la vérification de chaque libération est effectuée individuellement, par contact direct avec les membres des familles, les avocats et les réseaux de soutien dans les centres de détention, en raison de l'absence d'informations officielles sur les procédures judiciaires qui accompagnent les libérations.
Les libérations de ce mercredi s'inscrivent également dans un contexte marqué par l'annonce officielle d'un projet de loi d'amnistie qui, selon le régime de Delcy Rodríguez, vise à couvrir les personnes détenues de 1999 à aujourd'hui. Jusqu'à présent, les critères ou la portée juridique de cette initiative n'ont pas été divulgués.

Le Forum Pénal a averti que l'éventuelle approbation d'une loi de ce type n'implique pas, en soi, la libération immédiate de tous les détenus ou la solution structurelle des affaires judiciaires ouvertes. L'organisation a souligné qu'au-delà des mesures annoncées, un nombre élevé de personnes sont toujours privées de liberté pour des raisons politiques et que les processus de libération doivent être maintenus de manière soutenue, tandis que les conditions juridiques de ceux qui restent détenus sont clarifiées.