Une ONG vénézuélienne a demandé au gouvernement chaviste l'entrée d'organisations internationales pour évaluer les violations présumées des droits de l'homme.

Des militants des droits de l'homme et des proches de prisonniers politiques ont demandé vendredi, au siège du ministère des Affaires étrangères à Caracas, que les organisations internationales, comme la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), soient autorisées à entrer au Venezuela dans le but d'analyser les violations présumées par le gouvernement chaviste des normes qui protègent la dignité des personnes.

Andreína Baduel, représentante du Comité pour la liberté des prisonniers politiques (CLIPP), a remis un document dans lequel elle demande également l'autorisation à la Croix-Rouge internationale d'accéder aux prisons du pays et de vérifier les conditions de détention. « Nous voulons que la Croix-Rouge et la CIDH soient en mesure de vérifier les violations des droits de l'homme dont sont victimes les prisonniers politiques », a déclaré Baduel aux médias présents.

Baduel, fille de l'ancien ministre de la Défense Raúl Isaías Baduel, décédé en tant que prisonnier politique en 2021, a également demandé à devenir membre de la Mission indépendante d'établissement des faits des Nations Unies sur le Venezuela. Dans ce sens, il a souligné que cette équipe des Nations Unies avait demandé à se rendre au Venezuela pour « vérifier la situation des violations des droits de l'homme et qu'elle n'a pas été autorisée à le faire ».

Le document présenté par le CLIPP comprenait cinq demandes, parmi lesquelles il faut souligner que le ministère des Affaires étrangères officialise l'invitation et facilite les protocoles pour la visite de la CIDH, ainsi que la coopération avec la mission indépendante de l'ONU. En outre, elle demande au Comité international de la Croix-Rouge d'obtenir l'autorisation d'accéder régulièrement aux centres de détention et d'évaluer les conditions « de santé, d'intégrité physique, de nutrition et de soins médicaux » des personnes privées de liberté.

Des personnes manifestent devant le ministère vénézuélien des Affaires étrangères ce vendredi à Caracas (Venezuela) (EFE/Miguel Gutierrez)

Enfin, le texte appelle à établir un mécanisme de communication directe entre le CLIPP et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères pour informer les organisations internationales des « décès en détention et des disparitions forcées qui n’ont pas encore été élucidés ».

L'organisation non gouvernementale a à son tour demandé au ministère vénézuélien des Affaires étrangères de « jouer un rôle actif » dans la mise en œuvre de la loi d'amnistie, qui fixe une période de 27 ans à compter de 1999, année de l'arrivée au pouvoir du chavisme. Cependant, l'ONG a averti que la norme n'envisage l'amnistie que pour les personnes liées à 13 événements survenus au cours du même nombre d'années, ce qui laisse de côté d'autres périodes et cas liés aux opérations militaires et à d'autres crimes.

En parallèle, l'Observatoire des prisons vénézuéliennes (OVP) a signalé qu'au moins 51 prisonniers de droit commun sont morts au Venezuela entre avril et juillet 2026, selon le décompte publié vendredi. Mardi dernier, l'OVP a précisé que certains des défunts « souffraient de maladies évitables ou traitables, notamment la tuberculose, une déshydratation sévère, une diarrhée aiguë et d'autres pathologies qui n'auraient guère pu mettre fin à leur vie s'ils avaient reçu des soins médicaux adéquats ».

Des personnes manifestent devant le ministère vénézuélien des Affaires étrangères ce vendredi à Caracas (Venezuela) (EFE/Miguel Gutierrez)

L'organisation Forum Pénal, référence dans la défense des prisonniers politiques au Venezuela, a rapporté ce mercredi que 382 personnes restent emprisonnées pour des raisons politiques dans le pays. Parmi les détenus, quatre cas ont été récemment signalés, même si l'ONG n'a pas fourni de détails sur ces situations.

Selon le bilan publié par le Foro Penal in X, au 3 août, 356 hommes et 26 femmes restent privés de liberté, dont 222 civils et 160 militaires. Le rapport indique que l'on ignore où se trouve une personne.

Le rapport précise que 40 des personnes détenues sont des étrangers. En outre, le bilan indique que 158 personnes purgent des peines, tandis que 224 attendent d'être condamnées dans le cadre de procédures judiciaires liées à des causes politiques.