Le nombre de personnes arrêtées dans le cadre de la grève nationale déclenchée par la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (Conaie) s'est élevé à 121 jusqu'aux premières heures du 13 octobre, selon un rapport officiel de la Police nationale. Les arrestations ont eu lieu dans différentes provinces, principalement à Quito, où se concentraient les mobilisations contre la suppression de la subvention du diesel et l'augmentation des prix du carburant.
Selon le rapport de police publié à 04h00, parmi les personnes arrêtées se trouvent 110 adultes et 11 mineurs. Sur ce total, 111 sont des hommes et 10 des femmes. La majorité des personnes arrêtées sont de nationalité équatorienne (111), suivies de cinq Vénézuéliens, trois Colombiens, un Argentin et un Espagnol. Ces deux derniers citoyens ont été expulsés.
Le rapport précise également que 37 adultes et six mineurs ont reçu une ordonnance de libération ; 44 adultes et cinq mineurs ont été soumis à des mesures alternatives ; et 24 personnes sont toujours en détention préventive. Deux autres sont en attente d'audience et un a une contravention judiciaire. Les autorités n'ont pas précisé les accusations portées dans chaque cas, même si des rapports antérieurs faisaient état de crimes présumés d'attaque ou de résistance, d'obstruction de routes et de dommages aux biens publics.
La journée du 12 octobre a été l’une des plus tendues depuis le début de la grève nationale. Des milliers de manifestants ont parcouru les principales avenues du centre-ville de Quito au cours d'une mobilisation qui a duré près de sept heures. La police nationale et les forces armées ont utilisé des gaz lacrymogènes et des clôtures métalliques pour contenir l'avancée.
Bien que les autorités aient qualifié ces actions de mesures de contrôle contre « les actes violents et les barrages routiers », les organisations sociales ont dénoncé le recours excessif à la force et les arrestations arbitraires. Les brigades d'observateurs des droits de l'homme ont signalé que certains manifestants avaient été arrêtés parce qu'ils portaient des pancartes ou des badges faisant allusion à la grève. En outre, au moins six attaques ont été enregistrées contre des journalistes qui ont été gazés, battus ou fouillés par les forces de l'ordre, alors qu'ils étaient accrédités pour couvrir l'affaire.
Dans d'autres provinces, comme Imbabura, Cotopaxi et Chimborazo, des barrages routiers, des coupures de circulation et des affrontements sporadiques entre membres de la communauté et policiers ont été enregistrés. À Imbabura, la route panaméricaine est restée fermée pendant plusieurs heures, tandis qu'à Pichincha les protestations se sont étendues au sud de Quito, dans des secteurs comme Villa Flora et Chimbacalle, où de nouveaux affrontements ont été signalés en fin de journée.
La suppression de la subvention du diesel, décrétée par le président Daniel Noboa début octobre, a déclenché une vague de protestations qui dure désormais depuis plus de trois semaines. Le prix du gallon de carburant est passé de 1,80 USD à 2,80 USD, une mesure que l'Exécutif justifie par des raisons fiscales et par le déficit accumulé du budget de l'État. Le mouvement indigène et divers syndicats des transports affirment que cette décision aggrave la crise économique et rend les produits de base plus chers.
Conaie a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une protestation partisane, mais plutôt d’une mobilisation « pour la vie et contre la faim ». Son président, Leonidas Iza, a accusé le gouvernement de criminaliser la protestation sociale. Depuis le Palais Carondelet, le président Noboa a cependant défendu les actions des forces de l'ordre et a réitéré que la violence ou les blocages ne seront pas tolérés.
Le ministère de l'Intérieur maintient le déploiement de plus de 8 000 policiers dans tout le pays, tandis que le commandement conjoint des forces armées soutient les contrôles dans les zones de plus grand conflit. A Quito, plusieurs rues du centre historique sont restées fermées dans la matinée du 13 octobre et la sécurité a été renforcée autour des bâtiments gouvernementaux.