L’ONG Foro Penal a rapporté lundi avoir réussi à vérifier 61 des 99 libérations annoncées par la dictature vénézuélienne de personnes détenues pendant la crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2024, dont le résultat a été dénoncé par le principal bloc d’opposition et ratifié frauduleusement par le chavisme en faveur de Nicolas Maduro.
Comme l'organisation l'a détaillé sur ses réseaux sociaux, 60 des libérations vérifiées ont eu lieu le 25 décembre et une de plus le 27. Sur le total vérifié, 60 correspondent à des citoyens vénézuéliens et un à une personne possédant la double nationalité vénézuélienne et chilienne, selon la liste publiée par Foro Penal.
L’ONG, qui documente depuis des années les arrestations à motivation politique dans le pays, a estimé qu’il était « opportun » que les autorités publient un registre officiel avec les noms de toutes les personnes libérées de prison, comme mécanisme minimum de transparence et de vérification indépendante des annonces gouvernementales.
Auparavant, l'organisation Justicia, Encuentro y Perdón (JEP) avait averti que la liberté des prisonniers politiques au Venezuela semble dépendre d'un « hasard incompréhensible » et non de l'application de critères juridiques clairs et vérifiables.
Dans un communiqué, JEP affirme que le pays clôture l'année avec un processus de libération « caractérisé par une opacité stratégique et une ligne de sélection discrétionnaire qui laisse présager un hasard absolu », une pratique qui, selon l'ONG, a été répétée dans les épisodes précédents de libérations partielles.

Le contexte immédiat de ces libérations remonte aux manifestations et émeutes enregistrées après les élections présidentielles de 2024. Au cours de cette période, plus de 2 400 personnes ont été arrêtées, principalement lors de manifestations ou lors d'opérations ultérieures, selon les données des organisations de défense des droits de l'homme.
Le parquet vénézuélien a accusé les personnes arrêtées de crimes tels que le « terrorisme » et le « vandalisme », tandis que les ONG et les partis d'opposition affirment qu'une partie importante de ces arrestations manquaient de preuves et répondaient à des raisons politiques liées à la protestation sociale.
Selon le dernier rapport du Foro Penal, au 15 décembre, il y avait 902 prisonniers politiques au Venezuela, dont 86 étrangers ou Vénézuéliens ayant la double nationalité, un chiffre que les organisations considèrent comme dynamique en raison de nouvelles arrestations et de libérations partielles.
Le régime de Nicolas Maduro maintient cependant une version diamétralement opposée. Le chavisme insiste sur le fait qu’il n’y a pas de prisonniers politiques au Venezuela et que les personnes privées de liberté sont détenues pour « avoir commis de terribles actes punissables », une affirmation que les ONG nationales et internationales rejettent systématiquement.
Le décalage entre les annonces officielles et les vérifications indépendantes remet une fois de plus au centre du débat le manque de mécanismes transparents et vérifiables en matière judiciaire et pénitentiaire. Pour les organisations de défense des droits humains, sans liste publique ni critères clairs, chaque libération est entourée d’incertitude et renforce la perception de discrétion qui entoure le système pénal vénézuélien.