Le gouvernement de Daniel Ortega fait face à des demandes de disparition de l'ancien colonel Carlos Brenes

Les organisations de défense des droits de l'homme exigent du gouvernement de Daniel Ortega des preuves de la vie de l'ancien colonel Carlos Brenes. Le Groupe de réflexion des prisonniers libérés politiquement (Grex) et le Collectif des droits de l'homme Nicaragua Plus jamais ont fait monter la tension politique au Nicaragua en exigeant du gouvernement dirigé par Daniel Ortega et Rosario Murillo une preuve de vie pour l'ancien colonel sandiniste et opposant Carlos Brenes. L'ancien militaire de 71 ans a été arrêté le 15 août 2025 et son sort actuel suscite de plus en plus d'inquiétudes.

Les groupes avertissent que Brenes dépend de l'insuline pour survivre et qu'en janvier, son état de santé s'est détérioré en raison d'une blessure au pied. Le Grex tient le couple présidentiel et les autorités pénitentiaires directement responsables de toute détérioration de l'état de l'ancien militaire.

Exigences et contexte de l’arrestation

Depuis le Costa Rica, l'avocat Gonzalo Carrión, membre du collectif Nicaragua Never Again et actuellement dénationalisé, a soutenu la demande de preuve de vie de Brenes, affirmant qu'il était « détenu et porté disparu depuis août 2025 ».

En outre, il a exigé la libération immédiate de toutes les personnes considérées comme prisonniers politiques au Nicaragua, dont le nombre, selon ses chiffres, dépasse dix.

L'arrestation de Brenes et de son épouse, Salvadora Martínez, s'est produite au cours d'une vague d'arrestations dans le contexte du 46e anniversaire de la révolution sandiniste, célébré le 19 juillet 2025. Selon les agences, les arrestations répondaient à des ordres directs d'Ortega, visant à poursuivre en justice ceux qui étaient identifiés comme conspirateurs contre le gouvernement.

Début avril, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a demandé à la Cour interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) de prolonger les mesures provisoires en faveur de cinq dissidents emprisonnés, dont Brenes.

Ces mesures visent à protéger ceux qui, selon la CIDH, se trouvent dans des conditions « d’extrême gravité et d’urgence de dommages irréparables à leurs droits ».

Prisonniers politiques Nicaragua

Les résolutions provisoires de la Cour interaméricaine sont obligatoires pour les États et sont appliquées lorsque l'intégrité ou la vie des personnes est en danger imminent. La demande de la CIDH témoigne de l'inquiétude internationale quant à la situation des opposants détenus au Nicaragua.

Les organisations de défense des droits humains et les proches des prisonniers politiques exigent une réponse officielle concernant le statut et l'intégrité des détenus.

L'inconnu sur le sort de Carlos Brenes et des autres opposants persiste, tandis que ses proches insistent sur la nécessité de garanties minimales : vérification de la vie, soins médicaux et respect des droits fondamentaux.

Le Nicaragua reste embourbé dans une crise politique et sociale depuis avril 2018, aggravée après les élections générales du 7 novembre 2021. Lors de ces élections, Ortega a été réélu pour un cinquième mandat, le quatrième consécutif, sur fond d'accusations de fraude et de répression. La plupart des dirigeants de l’opposition étaient alors en prison ou ont ensuite été expulsés du pays et déchus de leur nationalité.

Le Nicaragua reste embourbé dans une crise politique et sociale depuis avril 2018, aggravée après les élections générales du 7 novembre 2021. EFE/Jeffrey Arguedas

Dans ce contexte, la demande de preuve de vie pour Carlos Brenes rend visible l'inquiétude concernant le traitement des dissidents et l'opacité du système pénitentiaire nicaraguayen. Les organisations insistent sur l'exhibition immédiate de Brenes et de toutes les personnes détenues dans des conditions de disparition forcée comme une étape essentielle vers le respect des droits humains dans le pays.