Le Groupe IDEA a exigé la fin de la répression au Venezuela pour avancer vers une transition

Les anciens présidents ibéro-américains regroupés au sein du Groupe IDEA ont exigé jeudi la cessation de la répression au Venezuela comme condition indispensable à toute transition démocratique et ont affirmé qu'Edmundo González Urrutia et María Corina Machado représentent la « volonté populaire » et la conduite légitime du processus.

Dans une prise de position diffusée depuis Miami, les anciens dirigeants ont souligné qu’« un processus de transition vers la démocratie ne sera viable et réel que si la répression cesse » et ont exigé la « libération immédiate de tous les prisonniers politiques civils et militaires » qui restent détenus dans le pays.

La déclaration rassemble plus de 30 anciens dirigeants d'Amérique latine et d'Espagne, dont José María Aznar, Álvaro Uribe, Mariano Rajoy, Felipe Calderón, Mauricio Macri et Iván Duque. Il s'agit de la première déclaration collective du groupe après l'intervention américaine au Venezuela samedi dernier.

Les anciens présidents ont exprimé leur attente d’un « véritable changement qui redonne aux Vénézuéliens leur dignité et la pleine jouissance du bien qu’est la liberté ». Dans ce cadre, ils ont défendu « la volonté populaire » qui, affirment-ils, a accordé un mandat démocratique à González Urrutia et Machado pour diriger la transition.

Le texte évite de mentionner explicitement le gouvernement de Donald Trump. Il se limite à décrire « l'extraction de Nicolas Maduro Moros » et sa soumission à la justice fédérale américaine pour des causes liées au trafic de drogue, sans attribuer de responsabilités politiques ni détailler le rôle de Washington dans le scénario ultérieur.

Le lauréat du prix Nobel

Cette insistance contraste avec la position publique de la Maison Blanche. Trump n'a pas mentionné González Urrutia et a remis en question la capacité de Machado à diriger le pays, affirmant qu'il manque de soutien et de respect au Venezuela, malgré le fait que les États-Unis considéraient González Urrutia comme le vainqueur de l'élection présidentielle de 2024.

Parallèlement à la déclaration du Groupe IDEA, le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, Jorge Rodríguez, a annoncé la « libération » d'« un nombre important de personnes », parmi lesquelles des Vénézuéliens et des étrangers. Il n'a précisé ni chiffres ni conditions et a présenté la mesure comme un « geste unilatéral » visant à « consolider la paix ».

Les organisations de défense des droits humains s'interrogent sur la portée réelle de cette annonce. L'ONG Foro Penal estime qu'il y a 863 prisonniers politiques dans le pays, dont 86 étrangers ou ayant la double nationalité. De son côté, Justicia, Encuentro y Perdón a mis en garde cette semaine contre une « tendance au durcissement » des conditions de détention.

Le débat sur les prisonniers politiques se déroule dans un contexte de forte tension institutionnelle. Après la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines, le contrôle de l’appareil d’État et la définition d’une feuille de route pour la période de transition sont devenus l’axe d’un conflit mêlant pressions extérieures, négociations opaques et signaux contradictoires en provenance de Caracas.

Pour le groupe IDEA, l’essentiel est de rétablir des garanties minimales avant toute négociation politique. Sans la levée de la répression, préviennent-ils, il n’y aura pas de conditions pour qu’une transition soit « réelle » ni pour que les dirigeants de l’opposition puissent exercer le mandat qu’ils disent avoir reçu lors des élections.