En pleine grève de la faim des prisonniers politiques, Jorge Rodríguez a assuré que 17 détenus avaient été libérés dans la zone 7.

Le président de l'Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodríguez, a annoncé samedi matin que 17 personnes privées de liberté avaient été libérées du centre de détention de la zone 7 (siège de la police nationale bolivarienne) à Caracas.

« Dans le cadre de la loi d'amnistie, 17 personnes privées de liberté dans la zone 7 sont actuellement libérées. Continuons ce chemin pour construire une coexistence démocratique entre frères. Tous unis pour La Paz ! » Rodríguez a écrit sur les réseaux sociaux, sans toutefois préciser les noms des personnes libérées ni s'il s'agissait de prisonniers politiques.

Cette annonce intervient alors que le débat se poursuit sur la loi d'amnistie, une mesure qui vise à mettre fin au recours aux tribunaux comme outil de répression politique.

Jeudi dernier, les législateurs ont reporté l'adoption définitive du texte faute de parvenir à un consensus sur son application. Le principal point de désaccord est un article qui oblige les bénéficiaires de l'amnistie à se présenter devant un tribunal pour en faire la demande, ce qui a généré des tensions entre députés progouvernementaux et députés d'opposition.

Parallèlement, des milliers de partisans de l'opposition se sont mobilisés à Caracas pour exiger la libération de tous les prisonniers politiques restants. L'Assemblée nationale avait approuvé la loi lors de sa première discussion la semaine précédente et sa promulgation était attendue après la deuxième lecture, désormais reportée en raison de désaccords entre les blocs parlementaires.

Des proches de prisonniers politiques sont présents

Quelques heures avant l'annonce de Rodríguez, un groupe de prisonniers politiques a entamé une grève de la faim vendredi soir au siège de la police nationale bolivarienne, dans l'est de Caracas, pour exiger leur libération. Des proches des détenus se joindront à la manifestation ce samedi et s'enchaîneront près du centre de détention.

Cette action est une réponse au non-respect de la promesse faite il y a une semaine par le président du Parlement chaviste, qui avait assuré que les libérations seraient effectuées après l'approbation de la loi d'amnistie. « Ils seront tous libres vendredi au plus tard », avait-il alors déclaré, mais la libération n'a pas eu lieu.

Le projet d'amnistie est devenu l'axe des réformes promues par le président par intérim Delcy Rodríguez après la capture de l'ancien dictateur Nicolás Maduro par les forces américaines à Caracas le 3 janvier, dans une opération qui a marqué le début d'une nouvelle étape politique au Venezuela.

L’initiative vise à clore un cycle de près de trente ans de répression et à ouvrir la voie à une nouvelle étape de la transition post-Maduro. L’administration Trump a fait pression pour que la libération des prisonniers politiques soit une condition essentielle pour faire avancer le processus.

La loi d'amnistie, actuellement discutée à l'Assemblée nationale, pourrait permettre la libération de centaines de militants toujours détenus.

Contrairement aux chiffres du régime vénézuélien, 644 personnes restent privées de liberté au Venezuela pour des raisons politiques, a rapporté vendredi l'ONG Foro Penal.

Les proches des prisonniers politiques s'éclairent

Ce chiffre survient au milieu du processus de libération annoncé par Rodríguez le 8 janvier, peu après la capture de Maduro lors d'une opération militaire américaine à Caracas et la promesse de libérer tous les prisonniers politiques avant vendredi dernier.

Selon le bulletin du Foro Penal, dont la date d'audience était le lundi précédent, parmi les personnes arrêtées figuraient 564 hommes et 80 femmes. Sur ce total, 459 sont des civils et 185 sont des militaires ; l'un des détenus est mineur. Par ailleurs, l'organisation a identifié 55 étrangers ou personnes ayant une double nationalité parmi les personnes emprisonnées.