Des députés des partis politiques évitent de voter et annulent la convocation du ministre pour une affaire d'hébergement au Panama

Un groupe de députés de l'Assemblée nationale du Panama a tenté, sans succès, de convoquer la ministre du Développement social, Beatriz Carles, pour qu'elle réponde à un vaste questionnaire relatif à des plaintes d'irrégularités, de mauvais traitements et d'abus présumés dans un refuge géré par le Secrétariat national à l'enfance, à l'adolescence et à la famille (SENNIAF), une entité rattachée au Mides.

La convocation, promue par des législateurs indépendants et initialement soutenue par 19 voix, a été déclarée « inexistante » faute de quorum nécessaire après le retrait des députés des partis traditionnels avant le vote.

L'initiative de faire comparaître le ministre devant la séance plénière a été promue principalement par la députée Alexandra Brenes, présidente de la Commission pour la Femme, l'Enfant, la Jeunesse et la Famille, qui a déposé une plainte pénale auprès du Ministère Public pour prétendues irrégularités après une visite d'inspection au Centre de Soins Intégraux (CAI) de Tocumen.

Le questionnaire qui accompagnait la convocation demandait au ministre de préciser, en premier lieu, la taille réelle du système d'hébergement : combien de centres pour enfants et adolescents existent actuellement dans le pays et combien de mineurs résident dans chacun d'entre eux, avec une répartition par nom d'hébergement, province ou région et tranches d'âge.

Elle a également demandé des informations sur le nombre de mineurs handicapés toujours en détention et dans quels refuges ils se trouvent.

Alexandra Brenes a porté plainte

La plainte souligne des problèmes tels que la détérioration des infrastructures, le manque de personnel technique qualifié, la coexistence d'adultes avec des enfants et même des constatations contraires aux normes fondamentales de protection de l'enfance.

Brenes et d'autres députés indépendants ont soutenu que le ministre, en tant que chef du Mides et président du conseil d'administration du SENNIAF, doit rendre compte directement devant la séance plénière de ce qui se passe dans les refuges d'État, surtout après les graves accusations.

Cependant, sa proposition a été tronquée lorsque les députés des partis traditionnels se sont retirés de la séance plénière avant le vote final, ce qui a empêché d'atteindre le nombre minimum de voix nécessaire pour valider la motion.

« L'État ne peut pas continuer à négliger les enfants qui sont actuellement sous la garde des centres d'accueil », a déclaré l'un des législateurs en soutien à la proposition, reflétant le malaise de certains secteurs de l'Assemblée face à la perception d'omission et au manque de réponses claires de la part des autorités compétentes.

Une autre partie du questionnaire portait sur le respect des normes minimales. Les députés ont demandé de détailler les conditions physiques et techniques que doivent remplir les refuges selon la réglementation en vigueur et combien de centres présentent des non-conformités, en précisant le type de défaillance détectée et les mesures adoptées pour y remédier.

Senniaf gère le réseau

Le questionnaire comprenait également des questions sur les cas de mineurs vivant avec des adultes et sur le séjour de tranches d'âge dans des refuges qui ne correspondaient pas à leur profil. Enfin, le questionnaire cherchait des données spécifiques sur la surveillance, les plaintes et les sanctions. Il était demandé de préciser la fréquence des contrôles et des contrôles, le nombre de procès-verbaux établis depuis juillet 2024 et les constatations documentées.

Après la visite législative au CAI de Tocumen, le Représentant Brenes a présenté au Ministère Public des courriels, des rapports internes et des photographies décrivant des situations à risque pour les mineurs détenus par l'État.

Le bureau du procureur panaméen a réagi en ouvrant une enquête officielle, qui comprend des procédures d'enquête, des inspections techniques et la collecte de preuves au refuge. L'enquête cherche à déterminer s'il y a eu des délits tels que maltraitance d'enfants, abus sexuels, négligence et omission de fonctions de la part des agents publics chargés de l'administration du centre.

Parallèlement, le conseil d'administration du SENNIAF, présidé par Beatriz Carles, a adopté un ensemble de mesures urgentes suite à la plainte. Parmi les décisions figurait l'ordre d'une inspection technique immédiate du CAI de Tocumen par une équipe technique interinstitutionnelle, avec la participation de représentants du ministère du Travail, du ministère de la Santé et d'autres organisations, dans le but de vérifier les conditions réelles dans le refuge et de déterminer des actions correctives.

Le questionnaire comprenait des questions sur

Il a également été approuvé le début des processus d'interdiction de la population adulte handicapée résidant dans le refuge, en vue de leur transfert vers des institutions appropriées, ainsi qu'une évaluation administrative du SENNIAF pour renforcer la supervision institutionnelle.

Les réactions politiques ne se limitent pas à l’Assemblée. Des organisations internationales comme l'UNICEF ont exprimé leur inquiétude face à ces plaintes, rappelant que les refuges ne constituent pas toujours des environnements idéaux pour le développement des enfants et que des modèles alternatifs tels que la garde en famille d'accueil offrent généralement de meilleures conditions pour la croissance et le bien-être des mineurs.

L'affaire a également déclenché un débat sur le budget du SENNIAF. Alors que la directrice de l'organisation, Ana Fábrega, a déclaré que le manque de ressources limite sa capacité à s'améliorer, le ministre de l'Économie et des Finances, Felipe Chapman, a assuré que les fonds existent, même s'il a remis en question l'efficacité de leur utilisation.

D'ici 2026, le budget du SENNIAF atteint 7,6 millions de dollars, dont une part minime est allouée aux investissements, ce qui soulève des questions sur la capacité de l'institution à répondre adéquatement aux besoins des refuges.