L'ONG vénézuélienne Justicia, Encuentro y Perdón (JEP) a déclaré que l'application sélective de la loi d'amnistie, promulguée en février, génère une situation de vulnérabilité aggravée. Cette position surgit après le refus d'appliquer la mesure au journaliste Rory Branker.
Selon l'organisation, « l'application sélective de la loi d'amnistie n'a pas apporté la liberté à tous, mais plutôt de profonds dégâts émotionnels et une vulnérabilité accrue pour ceux qui ont été arbitrairement exclus », a déclaré l'ONG dans une publication.
Pour JEP, le rejet de l'amnistie de Branker constitue une « preuve fiable » que la persécution judiciaire au Venezuela est devenue un cycle continu de revictimisation. « Leur voix représente des milliers de personnes qui, malgré la mise en œuvre d'une loi d'amnistie, restent piégées dans un système qui les tient otages d'une justice discrétionnaire », a ajouté l'organisation.
L'ONG a demandé l'octroi d'une grâce procédurale comme solution immédiate et définitive pour clore ces cas, dans le but de « mettre fin à l'arbitraire et rendre la pleine liberté et, avec elle, la vie, à toutes les victimes ».

Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a indiqué qu'un tribunal a rejeté la demande d'amnistie de Branker, qui est resté détenu pendant près d'un an et a été libéré au cours du processus de libération lancé en janvier par le gouvernement au pouvoir.
Le syndicat a indiqué que Branker avait soumis sa demande conformément à la loi d’amnistie, mais le tribunal a indiqué que le rejet ou l’annulation de son dossier « n’est pas approprié ». De cette manière, les accusations demeurent contre le journaliste, qui fait face à des accusations de crimes présumés de terrorisme, association de malfaiteurs, conspiration avec un gouvernement étranger et trahison, dans une procédure que le syndicat considère comme « manquant de garanties ».
Branker, éditeur du support numérique La Patillaa été arrêté le 20 février 2025 par le Service national bolivarien de renseignement (Sebin), selon la plainte du SNTP. Le journaliste a été libéré le 4 février, après 11 mois de prison, dans le cadre du processus de libération annoncé par le gouvernement en place le 8 janvier et qui s'est poursuivi après la promulgation de la loi d'amnistie en février.
La loi d'amnistie couvre une période de 27 ans, depuis 1999, date à laquelle le chavisme est arrivé au pouvoir. Cependant, elle n'est accordée qu'aux personnes liées à 13 « événements » survenus au cours de 13 années différentes, ce qui exclut le reste de la période susmentionnée, ainsi que les cas liés aux opérations militaires et à d'autres crimes, tels que la corruption, les homicides et les violations des droits de l'homme.