Le rebond de la rougeole dans la région des Amériques maintient les autorités sanitaires du Panama en alerte, même si jusqu'à présent les cas suspects détectés dans le pays ont été exclus après des enquêtes épidémiologiques, comme l'a expliqué le chef national de l'épidémiologie, le Dr Pablo González.
Le spécialiste a prévenu que le contexte régional nécessite une surveillance active, en raison du risque permanent d'introduction du virus dans le pays.
Le scénario régional est le principal facteur de préoccupation. Selon les données officielles, en 2025, plus de 14 000 cas de rougeole ont été enregistrés dans les Amériques, un chiffre bien supérieur à la moyenne historique de 400 à 500 cas par an. +
Jusqu'à présent, en 2026, plus de 11 000 cas ont déjà été enregistrés, confirmant une augmentation soutenue de la maladie sur le continent.
Le Panama, qui a éliminé la rougeole en 1995 avec son dernier cas indigène, reste exempt de transmission locale, mais n'est pas exempt de risques.
Le statut du pays en tant que plaque tournante des liaisons aériennes, maritimes et terrestres augmente la probabilité d'enregistrement de cas importés, notamment en raison du flux constant de voyageurs en provenance de pays où le virus continue de circuler activement.E

Le Dr González a expliqué que le système de santé maintient une surveillance épidémiologique très sensible, capable de détecter immédiatement tout cas suspect.
En cas de symptômes tels que fièvre accompagnée d'éruptions cutanées (exanthème), un protocole est activé qui comprend une enquête sur le terrain, la recherche des contacts et l'application de mesures de confinement pour empêcher la propagation du virus.
L’une des clés du système panaméen est que les actions ne dépendent pas du résultat du laboratoire. Comme le précise le spécialiste, les équipes d'intervention agissent à partir de la suspicion clinique, en mettant en œuvre ce que l'on appelle un blocus vaccinal ou perifoco, qui consiste à vacciner les personnes proches du cas suspect et à couper d'éventuelles chaînes de transmission.
La rougeole est une maladie très contagieuse qui se transmet par voie aérienne et par contact direct avec les sécrétions respiratoires.
Ses premiers symptômes comprennent une forte fièvre, de la toux, un écoulement nasal, une conjonctivite et des éruptions cutanées, et peuvent évoluer vers des complications graves si elles ne sont pas contrôlées à temps, en particulier chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli ou sans vaccination complète.

Le risque augmente dans certains groupes de population. Le Dr González a averti que les enfants de moins d'un an sont particulièrement vulnérables, car ils n'ont pas encore reçu le vaccin, ce qui les expose à développer des formes plus graves de la maladie.
Dans ces cas, la rougeole peut entraîner des complications telles qu’une pneumonie, une encéphalite, voire la mort, ce qui en fait une menace importante pour la santé publique.
Dans le contexte régional, plusieurs pays signalent une transmission active. Les États-Unis, le Mexique et le Canada ont enregistré des augmentations significatives, tandis qu'en Amérique centrale, le cas du Guatemala se démarque, avec des milliers d'infections accumulées.
En Amérique du Sud, des pays comme le Brésil, l'Argentine et la Bolivie maintiennent la circulation du virus, et des pays voisins comme la Colombie et le Costa Rica ont signalé des cas importés, ce qui augmente la pression épidémiologique sur le Panama.
Vaccins
Dans ce contexte, le principal outil de prévention reste la vaccination. Le Panama dispose d'un programme qui comprend le vaccin triple viral (ROR) appliqué à l'âge de 12 mois et un rappel à 18 mois, ainsi que des doses supplémentaires aux stades ultérieurs. Les autorités insistent sur le fait que le maintien d’une couverture élevée est essentiel pour éviter la réintroduction du virus.

Le ministère de la Santé a également annoncé le développement de la Semaine de la vaccination dans les Amériques, qui se déroulera du 23 avril au 30 mai, dans le but de renforcer la vaccination dans tout le pays. Durant cette période, des points de vaccination seront activés dans les établissements de santé et les espaces publics, facilitant ainsi l'accès à la population.
Le système de santé panaméen bénéficie également du soutien du Gorgas Memorial Institute, un laboratoire national de référence capable de confirmer les cas dans un court laps de temps.
Toutefois, les autorités rappellent que la stratégie ne dépend pas exclusivement du diagnostic, mais de la capacité à agir rapidement en cas de suspicion pour contenir toute éventuelle épidémie.
Le message des autorités est clair : même si le Panama n'enregistre actuellement aucun cas confirmé de rougeole, le risque reste latent en raison de l'environnement régional et de la forte mobilité internationale.
Dans ce contexte, la surveillance, la vaccination et une réponse rapide deviennent les principaux piliers pour empêcher une maladie déjà éliminée de se réinstaller dans le pays.