Le président français Emmanuel Macron a reçu lundi la chef de l'opposition vénézuélienne María Corina Machado à l'Elysée, lors d'une réunion que les deux partis ont présentée comme un soutien explicite à une solution démocratique pour le Venezuela. La rencontre a marqué le début de la tournée européenne de Machado, prix Nobel de la paix 2025.
« J'ai reçu María Corina Machado, prix Nobel de la paix. Ensemble, nous avons parlé de son attachement à la liberté et de l'importance de parvenir au Venezuela à une transition démocratique, pacifique et respectueuse de la volonté de son peuple », a écrit Macron sur ses réseaux sociaux, accompagné d'une photographie de la rencontre. Dans le protocole de l'Elysée, l'accueil équivaut à un traitement réservé aux personnalités de premier rang international.
Machado a exprimé sa « profonde gratitude » à Macron et au peuple français « pour leur ferme soutien à la transition vers la démocratie et la liberté au Venezuela ». Sur les réseaux sociaux, il a déclaré que le Venezuela est « très proche de la liberté » et qu'il sera « une nation d'hommes et de femmes libres et égaux, prospères, sûrs et fraternels ». Elle est arrivée au palais présidentiel entièrement vêtue de bleu, accompagnée du politologue Pedro Urruchurtu, de la conseillère Isadora Zubillaga et de l'ancien maire Antonio Ledezma.
La visite à Paris est la première étape d'une tournée européenne qui s'étend jusqu'à la semaine prochaine. Quelques mois plus tôt, en janvier, Machado s'était rendu à Washington, où il avait rencontré le président Donald Trump – à qui il avait remis sa médaille Nobel en signe de reconnaissance pour la capture de Maduro – et le secrétaire d'État Marco Rubio. Il a également appelé à des événements massifs avec les communautés vénézuéliennes de Houston et de Santiago du Chili.

Le contexte de cette offensive diplomatique est inédit. Le 3 janvier 2026, une opération militaire coordonnée par les États-Unis a capturé Nicolás Maduro à Caracas et l'a transféré à New York pour y répondre d'accusations de narcoterrorisme, mettant fin à plus de deux décennies de régime chaviste. La vice-présidente Delcy Rodríguez a assumé la présidence par intérim et négocie avec Washington une transition en trois phases : stabilisation, reprise économique et élections libres.
La Plateforme unitaire démocratique (PUD), principale coalition d'opposition, a présenté dimanche une feuille de route qui comprend la libération des 485 prisonniers politiques toujours détenus, selon l'organisation Foro Penal, le démantèlement de l'appareil répressif et la nomination de nouvelles autorités électorales. Machado a participé virtuellement à cet événement et a souligné qu’il n’existe « aucune autre société au monde qui soit mieux préparée à la démocratie » que la société vénézuélienne.
L'agenda européen s'étend toute la semaine. Ce mardi, Machado rencontrera à Paris le président du Sénat français, Gérard Larcher, avant de se rendre à La Haye et d'arriver jeudi en Espagne. À Madrid, il rencontrera vendredi le leader du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, et la présidente de la Communauté de Madrid, Isabel Díaz Ayuso. Ce jour-là, le maire José Luis Martínez-Almeida lui remettra la Clé d'or de la ville.
Le soutien européen s’ajoute à la pression internationale qui n’a cessé depuis les élections du 28 juillet 2024, au cours desquelles l’opposition a documenté qu’Edmundo González avait obtenu 67 % des voix tandis que Maduro revendiquait frauduleusement la victoire. Le prix Nobel de la paix décerné en octobre 2025 a consolidé Machado comme le principal interlocuteur de la cause démocratique vénézuélienne devant l'Occident, un rôle qui a été entériné ce lundi, dans les couloirs de l'Elysée, avec toute la solennité du protocole français.