République Dominicaine : ils proposent un pacte national pour mettre fin à la violence et protéger les investissements

L'aggravation de la violence en République dominicaine a généré une alerte dans les institutions publiques. Le procureur général, Yeni Berenice Reynoso, a averti que la situation sape les fondements du développement économique et fait fuir les investissements étrangers, facteurs considérés comme décisifs pour le progrès du pays.

Lors d'une conférence à l'Université autonome de Saint-Domingue, Reynoso a proposé la signature d'un pacte d'État contre la violence. Comme indiqué Liste quotidiennele juge a soutenu que la crise de la coexistence sociale a dépassé la capacité de réponse du système judiciaire et que la réponse doit aller au-delà des approches punitives traditionnelles. « Ce Pacte d'État contre la violence est un agenda national qui transcende les périodes gouvernementales et implique tous les secteurs pour garantir le développement économique et les investissements étrangers, qui dépendent directement de la sécurité », a-t-il déclaré.

La prolifération des armes à feu et des couteaux a accru la létalité des conflits sociaux les plus insignifiants. Reynoso a averti que « cinq homicides sur dix sont dus à des conflits sociaux : collisions de véhicules, disputes sur le stationnement, bruit ou dettes minimes », une tendance qui transforme les conflits mineurs en tragédies.

Le vol de motos, qui représente 92 % des véhicules volés, ainsi que le vol de téléphones portables et de métaux, alimentent une économie illicite difficile à contenir uniquement par des sanctions individuelles. Reynoso a averti que lutter contre le procès est aussi nécessaire que poursuivre les responsables directement.

50 % des homicides en République Dominicaine ont pour origine des conflits sociaux mineurs, augmentant la mortalité due aux armes à feu et aux couteaux. (Photo avec l'aimable autorisation de PNC)

Le procureur a expliqué que la violence expressive, qui transforme les incidents quotidiens en événements irréversibles, doit être traitée à la racine. La proposition est de renforcer le système éducatif pour former des citoyens capables de résoudre les différends par le dialogue.

Selon Reynoso, 34 % des événements violents se produisent au sein des foyers, ce qui complique toute stratégie visant à réduire la violence sociale. Cette figure, présentée lors du forum « Anatomie de la criminalité et de la violence en RD : Rayons X pour une transformation nécessaire », révèle que l'enjeu n'est pas seulement policier, mais familial et éducatif.

Reynoso a demandé à l'Université Autonome de Saint-Domingue de réaliser une étude scientifique qui cartographierait avec précision les facteurs, manifestations et variables de la criminalité dans le pays. Son objectif est que les politiques de prévention soient stratégiques et pas seulement réactives.

L'avocat a conclu que la sécurité des citoyens doit être une construction sociale qui inclut les institutions, la famille et l'éducation. « Nous avons besoin d'un modèle d'être humain capable de respecter le contrat social », a affirmé Reynoso, convaincu que la paix sociale est le fondement de tout projet de développement en République dominicaine.

L'avocat a analysé que le crime organisé a consolidé des marchés illicites spécifiques, alors que la société dominicaine est confrontée à une crise de coexistence qui touche de multiples domaines. « Une société terrifiée par la criminalité peut difficilement consolider son Etat de droit ou attirer les investissements étrangers nécessaires à sa prospérité », a souligné Reynoso.

L'augmentation du trafic de drogue et du crime organisé déplace les opérations criminelles vers les côtes de Pedernales, Baní et Barahona, selon les autorités dominicaines. (EFE/Orlando Barria)

Le phénomène du trafic de drogue a muté ces dernières années. Reynoso a expliqué que les décisions politiques des pays sud-américains et la modernisation des aéroports de Santiago et de Saint-Domingue ont contraint les réseaux criminels à déplacer leurs opérations vers les côtes nationales, affectant particulièrement les provinces de Pedernales, Baní et Barahona.

Le juge a souligné l'insuffisance d'une réponse exclusivement judiciaire : l'action de la justice intervient presque toujours après les faits, c'est pourquoi une politique préventive et structurelle s'impose. « La sécurité n’est pas un instantané du moment, c’est un processus permanent », a-t-il souligné, soulignant la nécessité d’intervenir avant que les marchés criminels ne renforcent leurs racines.