Amnesty International a exigé auprès du procureur général du Venezuela la libération de tous les prisonniers politiques

Une équipe d'Amnesty International (AI) s'est présentée ce mardi devant le procureur général du Venezuela, Larry Devoe, pour exiger la libération de tous les prisonniers politiques et la fin des graves violations des droits humains. C'est ce qu'a rapporté Erika Guevara Rosas, directrice principale de la recherche, du plaidoyer, des politiques et des campagnes de l'organisation, qui a participé à la réunion de Caracas.

« Avec mes collègues d'Amnesty International, nous avons tenu une réunion avec le procureur général du Venezuela pour réitérer des demandes urgentes et incontournables : la libération de toutes les personnes arbitrairement détenues pour des raisons politiques, la cessation des violations graves des droits de l'homme, y compris les détentions arbitraires, les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées », a-t-il déclaré dans un communiqué sur les réseaux sociaux.

Guevara Rosas a souligné qu'ils ont également demandé le démantèlement de « l'appareil de répression, qui comprend des lois, des pratiques et des institutions qui ont été instrumentalisées contre la population, et la réouverture au contrôle international, avec un plein accès au pays, de mécanismes tels que la Mission indépendante chargée de déterminer les faits sur le Venezuela, la CIDH (Commission interaméricaine des droits de l'homme) et les rapporteurs de l'ONU ».

Devoe, un avocat lié au chavisme, a quant à lui qualifié la réunion de « franche et ouverte au siège du ministère public » et a invité l’équipe d’Amnesty International à « participer et apporter leurs contributions à la consultation nationale sur la réforme de la justice pénale ».

Le procureur général du Venezuela, Larry Devoe (EFE/Orlando Barría)

« De même, nous avons généré un mécanisme de communication directe, tout comme nous l'avons établi avec d'autres organisations non gouvernementales du pays. Les portes du ministère public sont ouvertes à tous ! » a ajouté le responsable.

Amnesty International et un groupe d'ONG vénézuéliennes ont entamé l'élaboration d'un agenda collectif sur les droits de l'homme lors d'une réunion à Caracas qui s'est terminée mardi, dans le but de reconnaître le travail des experts, des organisations et des militants du pays.

Guevara Rosas a souligné qu'il s'agissait d'un jour historique, car depuis « un certain temps » les organisations de défense des droits de l'homme ne pouvaient pas se réunir « en liberté ».

Le même mardi, le président du Parlement, le chaviste Jorge Rodríguez, a annoncé que 300 personnes seraient libérées cette semaine.

Cette libération intervient une semaine après que le président des États-Unis, Donald Trump, a assuré que son gouvernement « veillera à libérer toutes les personnes emprisonnées pour des raisons politiques au Venezuela ».