L'ancienne représentante vénézuélienne Dinorah Figuera est rentrée jeudi au Venezuela après huit ans d'exil, a rencontré les autorités parlementaires et de l'opposition, et est repartie vendredi pour Miami pour tenir de nouvelles réunions, dans le cadre d'un programme de transition démocratique soutenu par les États-Unis.
Figuera, candidat à la présidence de l'Assemblée nationale (AN) élue en 2015, a rencontré le président du Parlement vénézuélien, Jorge Rodríguez, au Palais législatif. Le Département d’État a décrit cette réunion comme une occasion de « débattre d’un ordre du jour qui servira de feuille de route pour un dialogue politique sur une transition démocratique ». Il a également rencontré le chargé d'affaires de l'ambassade des États-Unis au Venezuela, John Barrett, ainsi que les dirigeants de la Plateforme unitaire.

Figuera a souligné que ses actions répondent à un mandat institutionnel : « María Corina est la leader, mais ici nous parlons d'institutionnalité et je suis présidente de l'Assemblée nationale ». Elle a également refusé d’être classée parmi les soi-disant « scorpions », terme utilisé par le bloc majoritaire anti-chaviste pour désigner ceux qu’il considère comme des collaborateurs du gouvernement.
« On ne va pas me traiter de scorpion, de traître. Je suis une femme cohérente avec ma cause », a-t-elle déclaré dans l'interview disponible sur la chaîne YouTube d'Olavarrieta.
Les objectifs du plan que Figuera cherche à promouvoir comprennent la formation d'un Conseil électoral national « vigoureux, crédible et transparent », la reconstruction des institutions démocratiques et le rétablissement des garanties de participation politique, selon le Département d'État. Le corps électoral vénézuélien est contrôlé par des recteurs sympathisants du chavisme et est accusé par Machado d'avoir frauduleusement proclamé Nicolás Maduro vainqueur de l'élection présidentielle de 2024.

L’ancien député défend que l’AN de 2015 est « la dernière institution qui a gagné légitimement les élections », malgré le fait que de nouvelles élections législatives ont eu lieu en 2020 et qu’actuellement un Parlement à majorité chaviste fonctionne, se réunit et approuve les lois. Cette structure parlementaire parallèle, qui contrôle les avoirs vénézuéliens à l’étranger, bénéficie du soutien des États-Unis et d’autres alliés internationaux depuis les élections de 2020.
Pour le politologue Benigno Alarcón, la visite de Figuera constitue « un événement surprenant qui déstabilise le scénario et marque le début possible d'un nouveau cap vers une transition négociée ». Alarcón a souligné dans son récit X que les États-Unis apparaissent « dans l’exercice d’un rôle de médiateur qui pourrait finir davantage par celui d’arbitre ».