Le pouvoir judiciaire a assuré qu'une nouvelle coupe budgétaire appliquée par le ministère des Finances mettrait en péril la lutte contre la criminalité, la prise en charge des victimes et le fonctionnement des différents services judiciaires au cours du second semestre 2026.
L'institution a rapporté que le Trésor a annoncé le 13 juillet qu'il cesserait de transférer 3 053 millions de ₡ (6,73 millions de dollars) correspondant au budget judiciaire de l'année prochaine, une réduction qui s'ajoute aux 13 220 millions de ₡ (29,12 millions de dollars) que la Cour plénière elle-même avait accepté de transférer il y a quelques semaines dans le cadre des efforts visant à contribuer à l'ajustement fiscal de l'État. Avec les deux montants, la diminution totale du budget s'élèverait à 16 273 millions de ₡ (35,84 millions de dollars).
Le pouvoir judiciaire a indiqué que cette nouvelle réduction obligera à l'immobilisation des ressources déjà engagées pour le fonctionnement institutionnel du deuxième semestre et aura des répercussions dans les domaines considérés comme stratégiques pour lutter contre la criminalité organisée et garantir l'accès à la justice.
Pour sa part, la présidente Laura Fernández a déclaré que la réduction des ressources faisait partie d'un effort d'austérité généralisé qui a également touché le pouvoir exécutif, le contrôleur général de la République, le bureau du médiateur et l'Assemblée législative.
Le président a insisté sur le fait que toutes les institutions publiques ont dû s'adapter financièrement et a soutenu que le pouvoir judiciaire ne devrait pas être l'exception.

Les dirigeants des principaux organismes auxiliaires ont expliqué l'impact qu'aurait la diminution des ressources. Le procureur général, Carlos Díaz Sánchez, a participé à la réunion ; le directeur de la Défense publique, Juan Carlos Pérez Murillo ; le directeur par intérim de l'Agence d'investigation judiciaire (OIJ), Michael Soto Rojas ; et le procureur adjoint du Bureau d'attention et de protection des victimes de la criminalité, José Ángel Peñaranda Chaverri.
Parmi les principaux effets décrits figure la réduction des ressources nécessaires au transfert du personnel vers les perquisitions, la collecte de preuves, les inspections judiciaires et autres procédures d'enquête, ce qui augmenterait les délais de réponse. De même, le pouvoir judiciaire a averti que le manque de budget pour les frais de déplacement et d'hébergement limiterait les enquêtes prolongées sur le terrain et réduirait la présence opérationnelle dans les zones reculées du pays.
Le rapport souligne également que cette réduction rendra difficile la réparation des ordinateurs, le remplacement des véhicules officiels et l'achat d'équipements de protection individuelle et de matériaux utilisés pour emballer les preuves, augmentant ainsi le risque de contamination des preuves au cours des enquêtes. En outre, il prévient que l'impossibilité d'acquérir des serveurs, des licences de logiciels et des plateformes d'analyse criminelle et de gestion des preuves numériques compromettra la capacité institutionnelle à enquêter sur des crimes complexes et à lutter contre la criminalité organisée.

Les conséquences toucheraient également le fonctionnement des fonctions judiciaires. Selon le pouvoir judiciaire, il existe un risque de suspension ou de report des procès et des audiences en raison de limitations opérationnelles, en plus d'affecter l'entretien des salles d'audience et des systèmes audiovisuels utilisés pendant les processus judiciaires. À cela s’ajoute une moindre capacité à réaliser les expertises, traductions et autres études spécialisées requises dans les différents dossiers.
Un autre point qui inquiète les autorités judiciaires est l'impact sur la prise en charge des victimes et des témoins. Les autorités préviennent qu'elles pourraient réduire les ressources allouées aux relocalisations, aux transports protégés et à d'autres mesures de protection extra-procédurales, en plus de limiter l'aide d'urgence comme la nourriture, les vêtements et l'assistance aux personnes en situation de vulnérabilité, en particulier dans les territoires indigènes et les communautés isolées. Le pouvoir judiciaire soutient que cette situation pourrait affecter l'accès à la justice pour les populations les plus vulnérables du pays.
Après avoir entendu le rapport présenté par les organes auxiliaires, le Tribunal Plénier a convenu de transférer la question à la Présidence de la Cour Suprême de Justice afin que, en coordination avec les organes techniques et la Direction Juridique, elle détermine les actions à suivre et recherche des solutions au nouvel ajustement budgétaire.

Le pouvoir judiciaire a également défendu sa gestion budgétaire et assuré qu'il maintient des pourcentages d'exécution proches de 100% ces dernières années. Selon l’institution, l’exécution était de 97 % en 2025, 96 % en 2024, 95 % en 2023, 97 % en 2022 et 96 % en 2021 et 2020.
De même, il a souligné qu'entre 2021 et 2025, le nombre de dossiers complétés a augmenté de 27% et que 85% des dossiers durent moins de cinq ans. Il a également souligné que dans les tribunaux pénaux ordinaires, les dossiers terminés ont augmenté de 31% entre 2015 et 2025 et a rappelé qu'il promeut le dossier législatif 24.913, une réforme du Code de procédure pénale visant à augmenter le nombre de procès et à réduire les délais d'attente. Enfin, l'institution a mis en avant la mise en œuvre de processus d'amélioration continue et l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle pour renforcer l'efficience et l'efficacité de l'administration de la justice.