Le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Félix Plascencia, a rapporté ce vendredi 24 juillet avoir communiqué au secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, « sa décision ferme et irrévocable de dénoncer le Statut de Rome et d'entamer son retrait définitif de la Cour pénale internationale (CPI). »
Le régime chaviste avait déjà menacé de prendre cette mesure pour exprimer son rejet de l'enquête promue par la CPI sur la commission de crimes contre l'humanité présumés par les autorités vénézuéliennes. Une enquête initialement promue par les États d'Argentine, du Canada, de Colombie, du Chili, du Paraguay et du Pérou.
La mesure adoptée par Caracas va-t-elle désactiver les efforts menés par la CPI pour sanctionner à terme les responsables de violations des droits de l'homme dans le pays ?
« Les enquêtes en cours ne sont pas affectées et si un mandat d'arrêt est émis, il a toute sa validité juridique », répond l'avocat Ali Daniels, porte-parole de l'ONG Acceso a la Justicia.
Le juriste cite comme exemple le cas de l'ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte, qui a appliqué la même formule et doit aujourd'hui faire face à la justice internationale pour le meurtre de dizaines de personnes dans le cadre de sa « guerre contre la drogue ».
Daniels explique que « une fois que la communication officielle de la démission est soumise au secrétaire général de l'ONU, il faut qu'un an s'écoule pour qu'elle prenne effet. Pendant cette période, le Venezuela est obligé de collaborer aux enquêtes en cours ».
Martha Tineo, représentante de l'ONG Justicia, Encuentro y Perdón, partage cet avis en soulignant que le départ de la CPI « n'a aucune implication pratique » sur le dossier vénézuélien, et souligne que la décision du gouvernement de Delcy Rodríguez confirme les revers que la République a subis en matière de défense des droits de l'homme.
Tineo rappelle que l'État vénézuélien a été l'un des promoteurs de la rédaction du Statut de Rome.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a attaqué la CPI dans un discours diffusé sur ses réseaux le 13 juillet. « La CPI et ses amis mènent la guerre contre notre pays, non pas avec des balles ou des missiles mais avec des statuts, des pactes et la force de soi-disant accords internationaux », a-t-il souligné.
Rubio a fait valoir que Washington refuse de permettre à l’institution de « poursuivre et même emprisonner le personnel militaire et les responsables américains qui agissent pour défendre l’intérêt national des États-Unis ».
En soulignant les propos du chef de la diplomatie nord-américaine, l'avocat Daniels glisse : « Il est curieux que la dénonciation du Statut de Rome par Delcy Rodríguez intervienne quelques jours après que le secrétaire d'État a déclaré que le gouvernement nord-américain allait lancer une campagne pour « démanteler » la CPI.