Les États-Unis ont soutenu le début du dialogue entre le chavisme et l'opposition pour promouvoir la transition au Venezuela

Ce jeudi, les États-Unis ont exprimé leur soutien au début de pourparlers face-à-face à Caracas entre les représentants du chavisme et la délégation de l'Assemblée nationale du Venezuela élue en 2015, estimant que le processus peut contribuer à une transition démocratique, élargir les libertés politiques et avancer vers la stabilisation du pays.

Par une déclaration, le Département d'État a soutenu l'arrivée au Venezuela de la délégation dirigée par Dinorah Figuera pour participer à la première série de rencontres en face-à-face avec le chavisme.

L'administration américaine a décrit le début des négociations comme une opportunité d'obtenir des résultats concrets.

« Ces conversations directes représentent une opportunité unique », indique le texte. De même, il a indiqué qu'il soutenait les efforts visant à répondre aux besoins de la population touchée par le double tremblement de terre, à élargir les libertés politiques et à construire « un avenir plus stable et plus prospère pour le peuple vénézuélien ».

Photographie d'archive, prise en janvier 2023, dans laquelle la représentante de l'opposition vénézuélienne Dinorah Figuera a été capturée lors d'un entretien avec EFE, à Valence (Espagne). EFE/Ana Escobar

« Les États-Unis restent déterminés à soutenir ce processus dirigé par le Venezuela », a déclaré le Département d'État, affirmant que les pourparlers faisaient partie du plan en trois phases promu par le président américain Donald Trump.

En outre, il a exhorté tous les secteurs concernés à soutenir les négociations afin qu'elles produisent des progrès tangibles.

« Nous exhortons toutes les parties intéressées à soutenir cet effort pour obtenir des résultats tangibles pour les Vénézuéliens », ajoute le communiqué.

L'installation formelle de la table de dialogue intervient sept mois après la capture de l'ancien dictateur Nicolás Maduro lors d'une opération militaire américaine et alors que Delcy Rodríguez fait face à des pressions internationales pour s'orienter vers un processus d'ouverture politique.

L'ordre du jour annoncé par les deux délégations comprend des sujets liés à la prise en charge des victimes du tremblement de terre, au renforcement institutionnel, aux droits et garanties politiques et aux réformes visant à la réinstitutionnalisation démocratique.

PHOTO DE DOSSIER : Le président de l'Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodríguez, à Caracas, Venezuela, le 19 mars 2026. REUTERS/Leonardo Fernández Viloria

Figuera avait précédemment indiqué que les travaux se dérouleraient sur plusieurs mois et que ce serait vers décembre que le résultat formel des négociations serait présenté. Il a également annoncé que parmi les questions qui seront abordées figure la recomposition du Conseil national électoral (CNE).

Avant le début des négociations, les organisations de la société civile ont manifesté devant le siège administratif de l'Assemblée nationale pour exiger que l'un des premiers accords soit la nomination de nouvelles autorités électorales indépendantes.

Les manifestants ont remis des lettres adressées à Jorge Rodríguez, chef de la délégation chaviste, et à Dinorah Figuera, dans lesquelles ils demandent un processus de sélection impartial pour renouveler le CNE et garantir l'organisation d'élections présidentielles et législatives conformes aux normes démocratiques.

Parmi les revendications présentées figurent la levée des interdictions politiques, la légalisation de toutes les organisations de partis, la mise à jour du registre électoral et la préparation d'un calendrier pour les prochaines élections.

Des proches de prisonniers politiques se rassemblent devant l'ambassade des États-Unis à Caracas pour demander à la chef de l'opposition Dinorah Figuera que la libération des détenus soit une priorité du dialogue (Maxwell BRICENO / AFP)

Le coordinateur du Front de Défense du Nord de Caracas, Carlos Julio Rojas, a soutenu que « la transition ne peut plus attendre » et a déclaré qu'« un changement politique est nécessaire » pour mettre fin au « gouvernement autoritaire ». Il a également exigé la libération des prisonniers politiques et le démantèlement de l'appareil répressif.

De son côté, la sociologue Emma Salazar a exprimé l'espoir que les conversations permettront « un vrai changement », se dérouleront « pacifiquement » et ne deviendront pas des « dialogues stériles ». En outre, il a demandé la révision des exclusions politiques, y compris celle de María Corina Machado, et a soutenu que « la persécution doit cesser ».

Parallèlement au début des négociations, le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) a présenté un document contenant dix propositions qu'il considère essentielles pour que le processus conduise à une transition démocratique avec des garanties pour l'exercice des libertés fondamentales.

Parmi ses principales demandes figurent la libération des personnes qu'il considère comme persécutées pour avoir exprimé leurs opinions, la fin de la surveillance et de l'examen des appareils électroniques, la cessation des cyber-patrouilles et l'utilisation d'informations privées pour persécuter les citoyens.

Le Syndicat national des travailleurs de la presse a présenté dix propositions pour garantir la liberté d'expression pendant le processus de transition démocratique au Venezuela (EFE/Rayner Peña)

Le syndicat a également appelé à mettre fin aux représailles contre les médias et les journalistes pour des raisons éditoriales, à débloquer les plateformes numériques et à garantir l'accès à l'information publique. De même, il a proposé de réformer les réglementations qui, selon lui, restreignent la liberté d'expression, de renforcer le pluralisme dans les médias d'État et d'établir des mécanismes de protection efficaces pour les journalistes et les travailleurs de la presse pendant le processus de transition.